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Tome sixieme.
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222 HISTOIRE DE P O L Y B E,

„ y avoir garnison, comme vous le dites, mais pour la mettre à cou-„ vert d’invaíion. Je n’ai pas fait non plus la guerre aux Cianiens;

„ mais allant au secours de Pruíias, qui étoit en guerre avec eux, je„ lui ai aidé à les défaire. Mais c’est vous, Etoliens, qui êtes la cause„ de leur ruine. Nous vous avons demandé pluíleurs fois les autres„ peuples de la Gréce & moi, par nos Ambassadeurs, que vous abro-„ geassiés la loi qui, vous permet de trendiie des dépouillés„ des dépouillés memes. Et vous nous avez répondu que vous„ ôteriez plutôt Plitolie de l’Etolie, que de révoquer cette loi”. Flami-nius fut fort étonné d’entendre ce langage, & pour le lui faire conce-voir, le Roi dit „ que parmi les Etoliens il étoit permis de piller le„ païs non seulement de ceux avec qui ils sont en guerre, mais encore„ des peuples qui se font la guerre les uns aux autres, quoique ces„ peuples soient leurs amis & leurs alliés. 11 leur est, dis-je, permis,„ quoiqu’il n’y ait pas là-dessus de Decret public, de porter les armes„ pour les uns & pour les autres, & de butiner fur les terres des uns„ & des autres. Chez eux tous les droits de Pamitié & de la haine,, font confondus: qu’il naisse un différend chez leurs voisins, on est,, sûr de les avoir pour ennemis. Ne leur sied-il pas bien après cela de„ me reprocher qu’étant ami des Etoliens & allié de Prusias, j’aie fait„ quelque tort aux Cianiens en secourant un de mes alliés? Mais ce„ qui me choque à Pexcès, c’est que ces orgueilleux vont de pas égal„ avec les Romains, ils ordonnent, comme eux, que les Macédoniens„ vuident la Gréce. Je pardonne aux Romains ce ton impérieux:„ mais que les Etoliens le prennent, cela n’eíl pas supportable. Mais„ dites-moi, je vous prie, qu'entendez- vous par la Gréce dont vousvoulez que je forte? Dans quelles bornes la renfermez-vous? Car ia„ plupart des Etoliens ne font pas Grecs. Le païs des Agraiens, celui„ des Apodotes, celui des Amphiloques, ne font pas dans la Gré-„ ce, m’abandonnez-vous ces peuples”? Flaminius ne put ici s’empê-cher de rire. „ Mais finissons, continua Philippe, fur l’articledes Eto--, liens. A l’égard des Rhodiens & d’Attalus, à un tribunal équitable„ ils seroient plutôt condamnés à nous rendre les vaisseaux qu’ils nous:, ont pris, que nous à leur remettre ceux que nous leur avons enle-„ vés. Nous n'avons pas été les premiers à attaquer Atralus& les Rho-„ diens, la guerre a commencé par eux, touc le monde en convient.„ Cependant puisque vous le voulez, Alexandre, je consens de rendre,, aux Rhodiens la Parée, & à Attalus les vaisseaux & les prisonniers», qui se trouveront: Pour le Nicephore & le Temple de Vénus, je nes» fuis pas maintenant en état de les rétablir ; mais j’yenvoierai des plants„ & des jardiniers, qui en cultiveront le terrain, & y planteront plus„ d’arbres qu'il n’en a été coupé. Cette plaisanterie réjouit encore Fla-», minius, & le fit éclater de rire. Des Etoliens le Roi passa ensuite aux

Achéens

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