LIVRE XVII. CIIAP. I.
Achéens. 11 détailla d’abord les bienfaits qu’ils avoient reçus d’An-tigonus, & ceux qu’ils avoient reçus de lui-même. 11 vint ensuiteaux honneurs qui avoient été décernés par les Achéens aux Rois desMacédoniens, enfin il lut le Decret qu’ils avoient fait d’abandonnerces Princes & de se ranger au parti des Romains ; & à cette occa-sion il s’étendit beaucoup fur leur perfidie & leur ingratitude. „ Cepen-„ dant, dit-il, je veux bien leur rendre Argos. Pour Corinthe,, j’en„ délibérerai avec Flaminius.
A prés cala adressant la parole à ce Romain , il lui demanda dequels lieux ou de quelles villes de la Gréce le Sénat vouloir qu’ibíé retirât, de celles qu’il avoir conquises, ou de celles qui lui avoientété laissées par ses pères. Flaminius ne répondant pas, Aristenéce sedisposoit à parler encore pour les Achéens & Phéneas pour les Fto-lìens; mais la nuit approchant, on fut obligé de terminer la conféren-ce. Philippe demanda qu’on lui donnât par écrit tous les articlesfur lesquels on devoit faire la paix ; que seul il n’avoit point là dequi prendre conseil, & qu’il examineroit chez lui ce qu’il auroit àfaire sur ce qui lui étoit ordonné. Flaminius écoutoit avec plaisirles plaisanteries de ce Prince , & ne voulant pas qu’il fût dit delui qu’il n’avoit eu rien à lui répondre, il railla Philippe à son tour r„ Comment voudriez-vous n’être pas seul, lui dit-il, aprés avoir fait„ mourir tout ce que vous aviez d’amis capables de vous donner les,, meilleurs conseils. A ce mot le Roi fit un sourire forcé & nerépliqua point. On lui donna par écrit toutes les conditions ausquel®-les on vouloit faire la paix avec lui, & qui etoient toutes confor-mes à ce qui s’étoit dit dans la conférence ; on se sépara ensuite ,aprés être convenu que le lendemain l’on se rassembleroit au mêmeendroit.
Flaminius y vint en effet, tous les autres s’y trouvèrent'hors Phi-lippe , qui fur le soir, lorsqu’on ne l’attendoic presque plus, arrivasuivi de ceux qui l’accompagnoient le jour précédent. 11 dit, pours'excuser, que les conditions qu’on exigeoit de lui étoient si embaraf-íàntes, qu’il ne lui avoit pas fallu moins que toute la journée pour endélibérer. Les autres crurent que la vraie raison étoit, qu’il n’avoitpoint voulu que les Achéens & les Etoliens, qu’il avoit vus la veilledisposés à disputer avec lui, eussent le tems de faire leurs plaintes»11 les confirma lui-même dans cette pensée, lorsque Rapprochant ilpria le Consul de lui permettre avec lui une conférence particulière,de peur que les Ambassadeurs de ces deux peuples n’emploiassent letems en paroles inutiles, & afin que l’on terminât enfin les contesta-tions. Comme il demandoit ce tête à tête avec beaucoup d’empresse-ment, Flaminius consulta la compagnie sur ce qu’il devoit faire. On lui ;dit d’accorder au Roi cet entretien & d’écouter ses propositions. Ib
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