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Tome sixieme.
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LIVRE XVII. C II A P. ilî. 233

„ leur a mis en fuite, & qui jettant honteusement leurs armes ne celle-„ rent de fuir devant vous que lorfqifils le virent dans la Macédoine?,, Craindrez-vous maintenant ces mêmes Macédoniens, lorique voue„ avez à les combattre à forces égiles? Le souvenir du passé vous fe-,, roit il peur ? Ne doit-il pas au contraire vous inspirer plus de con-„ fiance? Romains, animez-vous les uns les autres, & marchez à l’en-„ nemi avec votre valeur ordinaire. Je compte, avec l’aide des Dieux,„ que cette bataille vous fera aussi glorieuse qu s vous font été les pré-,, cédentes. Cela dit, il commande à l’aîle droite de ne pas branlerde son polie, place les éléphans devant cette aile, & marchant d’unpas fier & assuré, méne lui-même salle gauche aux ennemis. Les ef»carmoucheurs fe voiant appuies des légions, retournent à la charge &en viennent aux mains.

Quand Philippe eut, devant son camp , rangé en bataille la plusgrande partie de son armée, il fe fit suivre des rondachers & de Faîledroite de fa phalange, fe hâta d’arriver fur les montagnes, & donnaordre k Nicanor surnommé PEléphant de marcher incessamment apréslui avec le reste de Farinée. Les premières troupes arrivées au sommet?il tourne k gauche, fait son ordonnance de bataille, & s’empare deshauteurs,qui de ce côté-lk étoient alors abandonnées,párc.e que dans lepremier combat les Macédoniens avoien t repoussé les Romains jusquesfur Fautre côté des montagnes. Le Roi étoic encore occupé à Fordon-nance de fa droite, lorfqu’arrivérent à lui en désordre ses soldats sou-doiés à qui les Romains avoient fait tourner le dos. Car, comme jele difois tout à l’heure, quand les armés k la légére fe virent soutenusdes légionnaires qui combattraient avec eux, reprenant alors de nouvel-les forces, ils retournèrent k Fennemi avec fureur & firent un trés-grand carnage. Philippe, qui d’abord en arrivant assez prés du campdes Romains, voioit aux mains ses armés k la légére, prenoit beau-coup de plaiíìr k ce spectacle: mais quand il les vit plier & dans un be-soin extrême d’être secourus, il fallut les soutenir & entrer dans uneaction générale, quoique la plus grande partie de íà phalange fût en-core en marche pour venir fur les hauteurs cù il étoit. 11 reçoit cepen-dant les combattans repoussés, il les rassemble tous, tant infanterie quecavalerie, k son aile droite, & donne ordre aux rondachers & k la■phalange de doubler leurs files & de serrer leurs rangs fur la droite.Cela fait, comme les Romains étoient proche, il commande k la pha-lange de marcher k eux piques baissées, & aux armés k la légére de lesdéborder. Flamínius avoit aussi en même tems reçu dans ses inter-valles ceux qui avoient commencé le combat, & chargeoit les Ma-cédoniens.

Pendant le choc , qui étoit des plus violens, on jettoit de part& d’autre des cris épouventables ; ceux qui étoient hors du com-bat