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Tome sixieme.
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LIVRE XVII. C II A P. III.

& chercha son salut dans la fuite. Fiaminius se met à la queue desíiiiards. II rencontre fur les hauteurs L sur faile gauche'des Macédo-niens quelques troupes qui y étoient tout récemment arrivées, il s’avan-ce pour les combattre, mais il s’arrêta quand il vit qu’elles tenoient lapique levée : c’est l’usage parmi les Macédoniens quand ils se rendentou qu’ils passent du côté des ennemis. S’étant informé de la vérité dufait, il retint les liens, & se lit un devoir d’épargner des gens que lapeur lui livroit. Malgré cela, quelques-uns des premiers rangs tom-bant d’en haut fur eux, en tuèrent une grande partie, & il n’y en eutqu’un petit nombre qui par la fuite pût leur échapper.

Après le combat, où de tous les côtés la victoire s’étoit déclarée enfaveur des Romains, Philippe se retira à Tempé- Le premier jour desa retraite il arriva a u lieu qu’on appelle la tour d’AIexandre, & le len-demain à Gonnes au voisinage de Tempé, où il s’arrêta pour y attendreceux qui s’étoient sauvés de la défaite. Les Romains poursuivirent cesfuiards pendant quelque tems. Ensuite les uns dépouillèrent les morts,les autres rassembleront les prisonniers, la plupart se jettérent fur lecamp des ennemis & le pillèrent. Les Etoliens y étoient arrivés a-vant les Romains, qui croiant être frustrés d’un butin qui leur appar-tenoit, s’en plaignirent hautement au Général: Vous nous comman-dez , lui dirent-ils, de nous exposer aux dangers , mais le butin vousraccordez à d'autres. Ils retournèrent cependant au camp & y passè-rent la nuit. Le lendemain après avoir ramassé les prisonniers & lereste des dépouilles, on prit le chemin de Larisse. La perte des Ro-mains dans cette bataille fut d'envsson sept cens hommes. Les Macé-doniens y perdirent treize mille hommes, dont huit mille restèrent furle champ de bataille, & cinq mille furent faits prisonniers. Ainsi setermina la journée de Cynoscéphales.

Dans mon sixième Livre j’ai promis de saisir la première occasionqui se préfenteroit de comparer ensemble les armes des Macédoniens &celles des Romains, Tordre de bataille des uns & des autres, & demarquer en quoi l’un est supérieur ou inférieur ù Tautre: faction queje viens de raconter me l’offre cette occasion, il faut que je tienne ma\ xrole.

Autrefois l’ordonnance'des Macédoniens surpassait celle des Asiati-ques & des Grecs. C’est un fait que les victoires qu’elles ont produitesne nous permettent pas de révoquer en doute: & iln’étoit pasd’ordon-nance en Afrique ni en Europe qui ne le cédât à celle des Romains.Aujourd’hui que ces différens ordres de bataille se sont souvent trouvésopposés les uns les autres, il est bon de rechercher en quoi ils diffé-rent , & pourquoi l’avantage est du côté des Romains. Apparem-ment que quand on sera bien instruit fur cette matière, on ne s’a-vifera plus de rapporter le succès des événeinens à la fortune, &

Tome VI. G g qu’on