ambassades de polybe. 25Z
étoit, íi Philippe promettoit d’observer fidèlement tout ce qui lui avoitété auparavant ordonné par les alliés, de lui accorder la paix, aprèsqu’on auroit fur cela consulté le Sénat, & que les Etoliens pouvoientla-delíus prendre telle résolution qu’ils jugeroient à propos.
Phéneas Etolien s’étant ensuite avisé de dire que l'on s’étoit en vaindonné julqu’à présent tant de mouvemens contre le IRoi de Macédoi-ne, & que délivré dit péril présent il ne tarderoit pas à former d'autresprojets & à donner occaíion a une nouvelle guerre : Flaminius, duhaut de Ion íìége & d’un ton de colère, „ Cessez, lui dit-il, Phé-,, néas, de nous fatiguer les oreilles de vos impertinences, je cimen-„ terai la paix de telle forte, que quand Philippe le voudroit, il ne„ pourra rien entreprendre contre les Grecs”, Ici le Conseil fe sépara.-Le lendemain Philippe arriva au lieu de la conférence, & trois joursaprès le Conseil s'étant rassemblé, il y entra, & paria avec tant de sa-gesse & de prudence, qu’ii adoucit tous les esprits. 11 dit qu’il accep-toit & exécuteroit tout ce que les Romains & les alliés lui ordonnoient,& que pour le reste il s’en remettoit entièrement à la discrétion duSénat. A ces mots il lè fit un grand íilence dans le Conseil. 11 n’yeut que PEtolien Phénéas qui demanda ail Roi, pourquoi donc il neleur rendoit pas Larisse, Pharfale, Thébes & Echine? „ Prenez-les,„ répondit Philippe, j'y consens. Non pas toutes, reprit le Consul,„ mais 1 hébes seulement. Car étant allé à Thébes à la tête de mes-,, troupes, j'en ai exhorté les habitans de fe rendre aux Romains, &,, comme ils ont refuse de le faire, le droit de la guerre m’en rend le„ maître, & c’eft à moi d'en disposer à mon gré”. Phénéas indigné decette réponse, dit que les villes qui avant la guerre étoient de leur dé-pendance & vivoient lotis leurs loix, dévoient leur revenir par deuxraisons; la première, parce qu’ils avoient pris les armes avec les Ro-mains; & la seconde, parce que tel étoit le Traité d’alliance fait d’a-bord entre les Romains & les Etoliens : que dans le partage des choiesprises pendant la guerre, les meubles seroient pour les premiers & les:villes pour les derniers.. Le Consul lui répondit .qu’il étoit dans Ter-reur fur Tun & fur Tautre point; que le Traité d’aìliance n’avoit pluslieu, depuis que les Etoliens, abandonnant les Romains, avoient faitleur paix avec Philippe; que íi cependant il vouloit que le Traité íub-íìltât, il n’y étoit pas marqué que les Etoliens auroient les villes, quid’elles-mêmes & de plein gré fe seroient mises fous la protection desRomains, comme avoient fait toutes celles de la Tbellálie; mais celles-là feulement dont on auroit fait le siège. Cette répliqué du Consul plutà toute Tassemblée, les seuls Etoliens'n’en furent pas contens, & de làvinrent dans la fuite de très-grand? maux. C’eft cette dispute, cetteétincelle qui alluma peu de tems après la guerre que ies Romains firentaux Etoliens & à Antiochus.
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