256 AMBASSADES DE P OLYBE.
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IX.
Sênaiusconsuîte sur la paix salie avec Philippe. Les Etolkm seulsen Jont mécontens , le décrient . Un héraut dans les jeux
IJlhmiqucs publie le Senatujconsulte fait pour la liberté desGrecs. Réponse de Flaminius & des dix Comvajjdires aux Am~bajjadcurs d'Jnticchus , de Philippe b à Etoliens.
V Ers ce tems-là vinrent de Rome les dix Commissaires qui dé-voient régler les affaires de la Gréce. ils apportèrent avec eux leSénatufconíulte fur la paix avec Philippe. En voici les articles: „ Tous„ les Grecs tant ceux d’Àíie que ceux d’Europe seront libres, & le„ gouverneront selon leurs loix. Philippe livrera aux Romains tous les3 , Grecs qui font en fa puissance, & toutes les villes où il tient garni-5 , son & cela avant la fête des jeux Ifthmiques: il tirera les garnisons„ d’Eurome, de Pedasse, de Bargyle, de Jesse, d’Abyde, de Thaïe,„ de Myrine, dePerinthe, & les laissera jouir de la liberté. Surladé-„ livrance des Cianiens Titus écrira au Roi Pruíìas quelles font les in-„ tentions du Sénat. Philippe rendra aux Romains les prisonniers &3 , les transfuges dans le même sems, & outre cela les vaisseaux pontés3 , à Pexception de cinq felouques & de la galère à seize bancs de ra-„ meurs. 11 donnera mille talens incessamment, & l’autre moitié en3 , dix ans, cinquante chaque année en forme de tribut.
Quand ce Sénatufconíulte fe fut répandu parmi les Grecs, la con-fiance qu’il leur inspira , la joie qu’il leur donna ne fe peut exprimer.Les seuls Etoliens, mécontens de n’avoir point obtenu ce qu'ils avoientespéré, affectoient de le décrier, disant qu’il ne contenoit que des pa-roles & rien davantage. Pour indisposer les esprits contre ce Decrtt,ils soudoient leur médisance fur certaines probabilités qu’ils tiroient dela maniéré même dont il étoit conçu. 11s difoient, qu’au sujet des vil-les où Philippe avoit garnison, le Sénatufconfulte ordonnoit deux cho-ses , la première qu’il retirât ces garnisons & livrât les villes aux Ro-mains; l’autre, qu’en retirant les garnisons, il mît les villes en liber-té: que celles qui reprenoíent leur liberté étoient nommées par leurnom, & que c’étoient celles de l’Aíie ; & que celles qui étoient donnéesaux Romains, étoient celles de PEurope, fçavoir Orée, Eretrie, Chal-cis, Demétriade, Corinthe. D’où il étoit aisé de voir, que les Romainsne faifoient maintenant que tenir la place de Philippe, que la Grécen’étoit pas délivrée de ces chaînes, <$c que tout au plus elle avoit chan-gé de maître. Voilà ce que les Etoliens diíòiént &répétoientsans cesse.