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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE POLYBE. r.57

Flaminius & les dix Commissaires, d’Elatée s’en allèrent à Anticyre& de là à Corinthe, où ils tinrent de fréquens conseils fur Pétât pré-sent des affaires. Pour empêcher les mauvais effets des bruits que lesEtoliens répandoient dans toute la Gréce, & dont quelques-uns étoientfrappés, le Conlul le crut obligé de mettre cette affaire en délibéra-tion. 11 n’y eut pas de raisons qu’il n’emploiât pour faire voir auxCommissaires, que s’ils vouioient chez les Grecs immortaliser le nomRomain & les persuader tous qu’en venant chez eux, ce n’étoit pas le,propre intérêt, mais la liberté de la Gréce qu’on s’étoit propoíée, ilfalloit sortir de tous les lieux & mettre en liberté toutes les villes oùPhilippe avoit des garnisons. Cela ne laissoit pas que d’avoir sesdifficultés. Car ce qui regardoit les autres villes avoit déja été agitéà Rome par les dix Commissaires, & ils avoient fur ce point reçudes ordres exprès du Sénat: mais à l’égard de Chalcis, de Corinthe& de Démétriade, comme on avoit des précautions à prendre con-tre Antiochus, on leur avoit donné pouvoir de disposer de ces troisvilles selon qu’ils jugeroient k propos, eu égard aux conjonctures oùils se verroient. Car l'on ne doutoit point qu'Antiochus ne se dispo-sât depuis longtems à fondre fur l’Lurope. Eníin Flaminius gagnafur le Conseil, que Corinthe seroit mise en liberté & entre lesmains des Achéens, mais l’on retint l’Acrocorinthe, Démétriade &Chalcis.

On étoit alors au tems où les jeux Isthmiques dévoient se célébrer,& l’attente de ce qui alloit arriver y avoit amené de presque toutes lesparties de l’univers des personnes de la plus grande considération. LeTraité de paix futur étoit là le sujet de toutes les conservations, &l’on en parloit différemment. Les uns disoient qu’il n’y avoit nulle ap-parence que les Romains se retirassent de tous les lieux & de toutes lesplaces qu’ils avoient conquises: les autres, qu’ilssortiroient des placesles plus célébrés, mais qu’ils garderaient celles qui avec moins de nomleur procureraient les mêmes avantages. 11s croioent même les con-noître ces places, & les désignoient dans les conversations. Tout lemonde étoit dans cette incertitude, lorsque, la multitude étant assem-blée daus le Stade pour le spectacle de paix, un héraut s’avance, faitfaire silence par une trompette, & publie à haute voix: Le Sénat Ro-main £3? Titus Quint tus Consul, après avoir vaincu Philippe £5? lesMacédoniens, met en liberté, fans garnison, fans tribut, Çf laissevivre Jous leurs propres loix les Corinthiens, les Phocéens, les Lo-criens , les Eubéens, les Achéens Pbtiotes, les Magné te s, les Thes-saliens Çf les Pcrrébiens.

Le héraut n’eut pas prononcé les premières paroles, qu’il s’éleva unfi grand bruit dans le peuple, que quelques-uns n’entendirent pas lafuite, & que d’autres voulurent i’entendre une seconde fois. La piû-

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