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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE POLYBE.

rons bientôt. Cet Ambassadeur arrive à PHélespont & y trouve les en-nemis campés à Pendroit même où ils avoient mis leur camp après a-voir traversé le détroit. D’abord cela lui lit plaiíir, car il se ílat-toit que c’etoit une disposition favorable pour la paix, que les ennemisn’eussent encore rien tenté dans l’Asie. Mais quand il apprit quePublius étoit relié au-delà de la mer, il fut déconcerté, parce qu’ilcomptoit que ce Romain lui seroit d'un grand secours dans cettenégociation. La raison pourquoi Publius étoit demeuré dans le pre-mier camp, c’est qu’il étoit Salien, c’est-à-dire, comme nous Pa-vons expliqué dans notre Traité du Gouvernement, membre d’unde ces trois Collèges qui à Rome ont le foin des principaux sacri-fices qui s’olfrent aux Dieux , & qui en quelque endroit qu’ils setrouvent, quand la fête arrive, sont obligés d’y rester pendant tren-te jours. Or comme l’armée devoit traverser dans ce tems-là mê-me, Publius ne Pavoit pas suivie, «Sc étoit resté en Europe. C’eitaussi pour cette même raison que Parmée s’arrêtoit près de l’Héleí-pont en attendant que Publius l’eût jointe. II arriva peu de jours a-près, «Sc Heraclide fut appelle au Conseil, où après avoir fait con-noître les conditions auíquelles Antiochus lè soumettoit pour avoir lapaix., il exhorta les Romains de ne pas oublier qu’íls étoient hommes,de se délier de la fortune; de ne pas ambitionner une puissance fansbornes, «Sc de la contenir du moins dans Pétenduë de l’Europe ; queleur domination , quoique renfermée dans cette partie du monde ,ne laissero.it pas que de paroître incroiable , puisque jamais personnene s’en étoit aquife une pareille. Que íì peu satisfaits du nombre devilles que leur abandonnoic Antiochus, ils vouloient encore lui retran-cher quelque chose de ce qu’il possédois en Asie, ils déclarassent cequ’ils íòuhaitoient, que le Roi étoit prêt de faire pour la paix tout cequ’on lui prescrirait de possible.

Quand il eut fini, Pavis du Conseil fut que le Général Romain ré*pondroic a PAmbaiíhdeur, qu’on demandoit d’Antiochus qu’il indem-niiat non seulement de la moitié, mais de tous les frais de la guerre,puisque c’étoit lui-même, «Sc non les Romains, qui avoit pris le premierles armes ; «Sc qu’en laissant en liberté les villes d’Eolie & d’Ionie, il seretirât encore de tout le païs qui étoit en-deça du mont Taurus. Hé-racíide n’eut aucun égard pour des propositions qui excédaient si fortles ordres dont il étoit chargé, «Sc ne fe présenta plus au Conseil; maisil fuioit assidûment sa cour à Publius. Un jour entre autres qu’il pou-vait lui parler contìdemment, il lui dit que fi par son moien la paix sepouvait obtenir, premièrement son fils, qui dès le commencement de laguerre avoit été fait prisonnier, lui seroit rendu sans rançon, en secondlieu, il n’avoit qu’à dire quelle somme d’argent il souhaitait, qu’Antio-cbus étoit prêt de la lui donner, quelle qu’elle fût; «Sc enfin que ce Prin-ce