AMBASSADES DE P 0 L Y B E. 271
ce partageroic avec lui les revenus de son Roiaume. De toutes ces of-fres, Fublius n’accepte que celle qui regardoit son fils, & dit qu’il se-roit obligé à Antiochus, íi fur ce point il tenoit parole: mais qu ’kl ’é-gard des autres, tant de celles qu ’il avoit faites dans le Conseil, que decelles qu’il venoit de lui faire en particulier, il entendoit tout-k-fait malses intérêts: que peut-être les propositions d ’Antiochus eussent été é-coutées,s’il les eût envolées pendant qu’il étoit k Lyíimachie & maîtrede l'entrée de la Cheribnése; ou encore si, après avoir quitté ces deuxpostes, il avoit paru à la tête d’une armée fur les bords de l’Hélefpontpour empêcher que nous ne passassions dans l’Asie, Mais à présent quenos troupes y font campées, fans qu’il s’y soit opposé; k présent quenous avons mis un frein à son ambition & que nous sommes ses maî-tres, il ne lui convient pas de traiter avec nous k des conditions éga-les, «St il est juste que ses propositions soient rejettées: qu’il prît doncdéplus sages mesures, «Sc qu’il fît sérieusement attention k l’extrémitéoù il étoit réduit: que pour lui témoigner combien il étoit reconnoif-sant de l’offre qu’il lui avoit fait de lui rendre son fils, il l’exhortoitde se rendre k tout ce que les Romains exigeroient de lui, & de neles attaquer en nulle maniéré. Héraclide s’en retourna vers Antiochus,qui aiant entendu la réponse des Romains, ne pensa plus k la paix.Comme aiant pris les armes k la main il n'avoit rien k craindre de plustriste que ce qu’on lui ordonnoit, il donna tous ses foins k se préparerk une nouvelle bataille.
XXIV,
Faix entre Antiochus & les Romainsb à quelles conditions .
Es Romains aiant gagné la victoire contre Antiochus <Sc pris Sar-
I / . des avec quelques citadelles, Musée en qualité de Héraut vintles trouver de la part de ce Prince. Reçu gracieusement par Publius,.il dit que le Roi son Maître vouloir leur envoier des Ambassadeurspour traiter avec eux, «Sc qu’il venoit pour lui demander un saufcon-duit, qu’on lui accorda. Quelques jours après ces Ambassadeurs ar-rivèrent ,. c'étoit Zeuxis autrefois Satrape de la Lydie «Sc Antipaterion neveu. Le premier avec qui ils tâchèrent d'abord de s'aboucher,étoit Euméne; ils craignoient que les anciens démêlés qu’il avoit eusavec Antiochus ne le portassent k indisposer le Conseil contre eux.Mais contre leur attente ils le trouvèrent doux & modéré; ainsi ils nepensèrent plus qu'k la cánférence. Appellés au Conseil, entre autres
cho.