Z7L AMBASSADES DE P O L Y B E.
choses fur lesquelles ils s'étendirent beaucoup, ils exhortèrent les Ro-mains de profiter de leurs avantages avec sagesse & avec modération,que ces vertus n’avoient pas lieu dans Antiochus,mais qu’elles dévoientêtre précieuses aux Romains que la fortune avoit fait les maîtres de l’u-nivers. Ensuite ils demandèrent ce qu'il falloit que ce Prince fît pourobtenir la paix & être ami des Romains. Après quelque délibération,Publius par ordre du Conseil répondit que les Romains victorieux n’im-poseroient pas des loix plus dures qu'avant la victoire, qu ’ainíi les con-ditions fer oient les mêmes qui leur avoient été marquées, lorsqu’avanrle combat ils étoient venus le trouver fur le bord de l’Hélespont. Sa-voir „ qu’Antiochus se retireroit de l’Europe, & dans l’Asie, de tout„ le pais qui eiì en deçà du montTaurus: qu’il donneroit aux Romains,, quinze mille talens Euboïques pour les frais qu’ils avoient faits dans„ cette guerre, cinq cens actuellement ,deux mille cinq cens lorsque le„ peuple Romain aura ratifié le Traité, & le reste en douze ans mille„ talens chaque année: qu’il paieroit à Euméne les quatre cens talensz, qu’il lui devoit & ce qui restoit de vivres, ainfi que portoit le Trai-„ té fait avec son père; qu’il livreroit aux Romains Ánnibal de Car-„ thage, Théas Etolien, Mnafiloque d’Arcananie, Philon & Eubuli-„ de de Chalcis, & que pour assurances il donneroit à présent vingt3 , otages dont on lui marquoit les noms par écrit”: Telle fut la répon-se que fit Publius Scipion au nom du Conseil, & les conditions furentacceptées par Zeuxis & par Antipater, On résolut ensuite unanime-ment de députer à Rome pour engager le peuple & le Sénat à confir-mer le Traité,& l’on se sépara. Les troupes furent distribuées en quar-tiers d'hiver, & quelques jours après les otages étant arrivés à Ephé-se, Euméne, les deux Scipions, les Rhodiens, les Smyrnéens, pres-que tous les peuples d’en-deçà du mont Taures, se dilposêrent à en-voier incessamment leurs Ambassadeurs à Rome.
XXV.
Demandes d n Euméne des Ambassadeurs , dans ìe Sénat ,
reponjes qu ’ils en reçoivent.
Uméne, les" Ambassadeurs d’Antiochus, ceux des Rhodiens & de
JD tous les autres peuples arrivèrent à Rome fur la fin du printems.Car presque toutes les nations de l’Asie, aussitôt après la bataille, yavoient député, parcs qu’il n’y en avoit pas une feule dont le fort nedépendît du Sénat. Us furent tous reçus avec beaucoup de politesse,mais on traita Euméne avec grande distinction. On alla au-devant
de