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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE í? O L Y B E. 275

„ mi, 6c qui s’étoit sauvé dans votre camp avec quelques cavaliers,„ pour vous avoir été fidèle pendant une guerre contre 1er Car-„ thaginois, ait été fait Roi de la plus grande partie de PAfrique :„ que Pleurate, qui n’a jamais rien fait pour vous, ait été pour une„ raison semblable rendu le plus puissant de tons les Princes d’illyrie ,„ «Sc que vous n’eussiez aucun égard pour moi après les grands «Sc rr.é-„ morables exploits que nous avons faits mon père «Sc moi pour vous„ secourir? Quel est enfin le but de ce discours, & que souhaité-je„ tenir de vous? Je vous le dirai franchement, puisque vous le vou-„ lez ainsi. Si vous avez dessein de retenir quelques-unes de ces p!a-„ ces de l’Asie qui font en-deçà. du mont Taurus, 6c qui ci-devant„ obéissoient à Antiochus, rien ne me fera plus de plaisir que de vous„ y voir; vous aiant pour voisins, & surtout participant à votre puis-„ lance, je régnerai tranquillement 6c je croirai mon Roiaume à cou»3, vert de toute insulte. Mais si vous ne voulez rien garder dans P A fie,„ il me semble qu’il n’y a personne k qui vous puissiez plus jusiement„ céder qu’à moi les païs qui ont été conquis pendant la guerre. N’est-„ il pas plus beau, me direz-vous, de mettre en liberté des villes qui„ font en lèrvitude? Oui fans doute, si elles n’ont point eu faudace„ de fe joindre avec Antiochus contre vous. Mais puisque vous avez„ cette faute à leur reprocher, il y a plus de gloire à rendre à ses vrais„ amis bienfait pour bienfait, qu’à favoriser ses ennemis ”. Euméneaiant ainsi parlé se retira, laissant le Sénat fort touché de son discours6c très - disposé à ne rien négliger pour le satisfaire.

Après le Roi de Pergame, on vouloit entendre les Rhodiens, maisquelqu’un de ces Ambaílàdeurs étant absent, on appella lesSmyrnéens,qui justifièrent par un grand nombre de faits Pattachement qu’ils avoienteu pour les Romains pendant la dernière guerre, 6c la vivacité avec la-quelle ils étoient accourus à leur secours. Mais comme il est constantque de tous les Grecs, qui vivent dans l’Asie fous leurs propres loix,il n’eft aucun peuple qui ait marqué plus d’ardeur 6c de fidélité pour lesRomains, il seroit inutile de rapporter ici en détail tout ce qu’ils direntdans .e Sénat.

Les Rhodiens entrèrent après eux,6c commencèrent par les servicesqu'ils avoient rendus aux Romains. 11 s ne furent pas longs fur cet ar-ticle, ils vinrent bientôt à ce qui touchoit leur patrie. ,, 11 est bien„ triste pour nous, dirent-ils, que la nature même des affàires ne nous„ permette pas de penser dans cette occasion comme un Prince, avec„ qui d’ailleurs nous sommes très - unis. Nous sommes dans cette per-„ suasion que les Romains ne peuvent rien faire de plus honorable„ pour notre patrie, de plus glorieux pour eux-mêmes, que de délivrer„ de la servitude tous les Grecs de P Asie, 6c de les faire jouir de la5, liberté j de ce bien que tous les mortels chérissent comme le plus

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