AMBASSADES DE POLYBE. .2Sf
îî avoit séjourné longtems dans Ambracie, il en aimoit les habitans &il avoit fort à cœur de les délivrer de l’extrémité où ils se trouvoient.Peu de jours après il vint encore des Ambassadeurs d’Acarnanie quiamenoient Damotéle avec eux. Car le Consul aiant été averti de l’acci-dent, qubétoit arrivé aux Ambassadeurs Etoliens, avoit écrit aux sy-riens de les lui amener, "foutes ces Ambassades rassemblées, on tra-vailla vivement à la paix. Amynandre ne ceísoit d’y exhorter les Am-braciens , les assurant qu’elle n’étoit pas éloignée, pourvu qu’ils vou-lussent suivre de meilleurs conseils. Souvent il s’approchoit du pieddes murailles, & de la s’entretenoit avec les assiégés. Ensuite commeils jugèrent à propos qu’il entrât dans la ville, il en demanda la per-mission au Consul, qui la lui accorda: il entra donc & délibéra avecles Ambraciens fur Paffaire préíènte.
D’un autre côté les Ambaíladeurs d’Athénes & de Rhodes, dans lesfréquentes conversations qu’ils avoient avec le Consul, tâchoient partoutes sortes de voies de Pappaiser & de Padoucir en faveur des Am-braciens. Quelqu’un alors suggéra à Damotéle &, à Phéneas de voir&de cultiver C. Valerius fils de ce Marcus Lœvinus, qui le premier avoitfait un Traité d’alliance avec les Etoliens, & frère de mère de MarcusFuîvius, jeune Officier plein d'esprit & de vivacité, qui avoit auprèsdu Consul beaucoup d’accès & de crédit. Damotéle ne manqua pasde lui recommander cette affaire, & Valerius la regardant comme lasienne propre & se faisant un devoir de protéger les Etoliens, s’era-phia avec tout le zèle imaginable pour les remettre bien avec les Ro-mains. 11 se donna pour cela tant de mouvemens, qu’il en vint heu-reusement à bout. Les Ambraciens cédèrent aux exhortations d’Amy-nandre, se rendirent à discrétion & ouvrirent au Consul les portes dela ville; à condition cependant, car ils ne se départirent point de lafoi qu’ils dévoient à leurs alliés, à condition, dis-je, que les Etolienssortiroient bagues sauves pour se retirer dans leur patrie. Le Traité depaix fut dressé du consentement du Consul, & il portoit en substance:„ que les Etoliens paîeroient aétuellement deux cens talens tuboïques,,, & trois cens en íìx ans en paiemens égaux , cinquante chaque an-„ née: que de là en six mois ils rendroient fans rançon tous les pri-„ íonniers' & tous les transfuges qu’ils avoient pris fur les Romains;„ qu’ils n’auroient aucune ville soumise à leurs loix & à l^ur gouverne-„ ment; qu’ils n’y en soumettroient aucune de celles qui avoient été„ prises par les Romains depuis que Titus Quintius étoit passé dans la,, Gréce , ou qui avoient fait alliance avec les Romains, & que les„ Cèphalléniens ne seroient pas compris dans le présent Traité: Cen’étoit Jà que la première ébauche de ce Traité, qui ne pouvoit êtreratifié avant que les Etoliens y eussent donné leur consentement, &que le rapport en eût été fait au Sénat. Les Ambassadeurs d’AthénesTome VI. N n &