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Tome sixieme.
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2Z2 AMBASSADES DE POLYBL

& de Rhodes restèrent à Ambracie en attendant le retour de Damotê-le , qui étoit allé annoncer aux Etoliens dequoi on étoit convenu. 11sy consentirent d’autant plus volontiers, qu’ils ne s’attendoient pas à ê-tre si fort ménagés. Le retranchement des villes qui vivoient auparavantavec eux fous les mêmes loix, leur fit d’abord quelque peine, mais en-fin ils y donnèrent encore les mains.

Ambracie rendue, le Consul renvoia les Etoliens, comme il avoitété réglé: mais il en fit transporter tous les ornemens, les statues &les tableaux, qui étoient en grand nombre, parce qu’Ambracie avoitété la Capitale & le lieu de la résidence de Pyrrhus. On fit aussi pré-sent à Fuîvius d’une couronne de la valeur de cent cinquante talens.11 pénétra ensuite dans les terres de l’Etolie, où il fut surpris de nerencontrer aucun Etolien qui lui vînt au-devant. Arrivé à Argos d’Am-philochie, ville distante d’Ambracie de cent soixante stades, il y cam-pa ,6c apprit là de Damotéle que les Etoliens avoient confirmé le Trai-té. Après quoi les Ambassadeurs Etoliens retournèrent ches eux; &Fulvius revint à Ambracie, où il ne fut pus plutôt arrivé qu’il en par-tit pour aller dans la Céphallénie.

En Etoile on choisit pour Ambassadeurs Phéneas & Nicandre, quidévoient aller k Rome pour y faire ratifier Je Traité de paix par le peu-ple, fans l’approbation duquel rien ne se pouvoit conclure. Ces Am-bassadeurs aiant pris avec eux ceux d’Athénes & de Rhodes,mirent àJa voile. Le Confiss de son côté y envoia aufii pour le même sujet CajusValerius &c quelques autres de ses amis. En arrivant à Rome, ces Am-bassadeurs y trouvèrent tout le peuple soulevé par Philippe contre lesEtoliens. Ce Prince croiant qu’ils lui avoient fait une injustice en serendant maîtres de PAthamanie & de la Dolopie, avoit envolé prierles amis, qu’il avoit à Rome, d’entrer dans íòn ressentiment, & dene pas consentir à la paix. 11s sçûrent tellement prévenir les esprits>que le Sénat d’abord ne daigna qu’à peine prêter l’oreille à ce quedisoient les Ambassadeurs Etoliens. Mais k la prière des Rhodiens& des Athéniens on revint en leur faveur, & on les écouta avec atten-tion. Damis, un des Ambassadeurs d’Athénes, mérita les applau-dissemens de toute l’assemblée, qui dans Ion discours admira entreautres choses une comparaison dont il se servit, & qui convenoittout-à-fait à la conjoncture présente. 11 dit que c’étoit avec raisonque le Sénat étoit irrité contre les Etoliens; qu’ils avoient été comblésde bienfaits par les Romains, fans que jamais ils en eussent témoignéla moindre reconnoissance; qu’au contraire en allumant la guerre con-tre Antiochus, ils avoient jetté l’Empire Romain dans lin péril émi-nent: mais que le Sénat avoit tort d’imputc-r ces sautes k la nation:que dans les Etats la multitude étoit en quelque choie semblable k lamer : que celle-ci de sa nature étoit toujours passible & tranquille,

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