2-S AMBASSADES DE POLYBE.
rité :au lieu que leur faute fit concevoir une grande idéedu mérite d’A-risténe, on le regarda comme le seul homme qui sçût parler avec con-noiffance de cause. II empêcha que le Decret ne fût ratifié, & remitla décision à un autre tems.
Après cela on donna audiance aux Ambassadeurs de Séleucus. Onrenouvella Talliance qu’on avoit avec lui, mais on ne crut pas devoiraccepter pour lors les vaisseaux dont il faifoit présent. L'assemblée en-suite se sépara, & chacun se retira dans la ville d’où il étoit venu.Un autre jour qu’il se célébrois une grande fête, Quintus Qecilius, au.retour de Macédoine , où il étoit allé comme Ambassadeur auprès dePhilippe, vint dans l’Achaïe. Ariíténe assembla aussitôt tous les prin-cipaux membres de la République dans Argos, & Quintus Caeciliusétant entré dans ce Conseil, dit que les Achéens dévoient d’autantmoins user de rigueur avec les Lacédémoniens, que la conduite qu’onavoit tenuê à leur égard passoit les bornes d’une juste modération, &que l’on seroit bien de reformer tout ce qui s’ètoit imprudemment faitcontre eux dans cette occaíìon, à quoi il exhorta les Achéens de toutson pouvoir.
II parut bien alors que ce qui avoit été statué contre lés Lacédé-moniens n’étoit pas du goût d’Aristéne, & qu’il s’entendoit avec Cx-cilius, son silence le trahit, il ne répliqua pas un seul mot.. Diophanede Mégalopolis, homme plus guerrier que politique, íè leva ensuite.Ge ne fut pas pour défendre ou excuser le procédé des Achéens, iln’ouvrit pas la bouche fur ce point,mais pour se venger de Philopœ-men, qu’il n’aimoit pas, en intentant une autre accusation contre lesAchéens. 11 dit qu’on avoit injustement agi non seulement avec La-cédémone, mais encore avec Messéne. Ce reproche étoit fondé furee que les Messéniens n’étoient d’accord entre eux ni fur le Decretqu’avoic fait Titus Quintius pour le rappel des exilés, ni fur la ma-niéré dont Philopœmen savoir mis à. exécution. Cœcilíus se voiantdes partisans parmi les Achéens mêmes, trouva encore plus mauvaisque tout le Conieil ne se soumît pas à son sentiment.
Alors Philopœmen, Lycortas & Archon prirent hautement la défen-se de la République, ils firent voir que tout ce qui avoit été fait au su-jet de Sparte avoit été sagement & même à l’avantage des Lacédé-moniens, & que l’on n’y pouvoit rien changer fans violer tous lesdroits humains & le respect que l’on devoit aux Dieux. Le Conseiltouché de leur discours , ordonna qu’il ne seroit rien changé à cequi avoit été réglé, & que l’on donneroit cette réponse à l’Ambassa-deur Romain. Quand on la porta à Cœcilius, il demanda que l’onconvoquât les Comices da. pais. Les Magistrats répondirent qu’il fal-loir pour cela qu’il produisît une lettre du Sénat de Rome, par laquel-le on priât les Achéens de s’assemblen Comme il n'en avoit point,on
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