AMBASSADES DE POLYBE. 299
lui dit nettement qu’on ne s’assembleroit pas; ce qui le mit en fi grandecolère, qu’il partit d 1 Achaïe fans vouloir entendre ce que les Magistratsavoient à lui dire. On crut que ce Député, & avant lui Marcus Ful-vius, n’auroient pas parlé avec tant de liberté, s’ils n’eussent été sûrsqu’Aristéne & Diophane étoient pour eux. Aussi furent-ils accusésd’avoir attiré ces Romains dans le païs par haine pour Philopœmen,& passérent-ils pour suspects dans l’eíprit de la multitude. Tel écoit Té-tât des affaires dans le Péloponèse.
XLII.
Différentes Jmbaffades vers les Romains. Jmbaffades âes Romainsauprès de Philippe £5? des Grecs.
C Aicilius, de retour à Rome, fit au Sénat le rapport de tout cequi lui étoit arrivé dans la Gréce. On fit ensuite entrer les Am-bassadeurs de Macédoine & du Péloponèse. Ceux de Philippe & d’Eu-méne furent introduits les premiers, après eux les exilés dVEnum& deMaronée, qui répétèrent ce qui avoit été dit ci-devant à Cœcilius àTheffalonique. Le Sénat, après les avoir entendus, jugea qu’il falloitenvoier de nouveaux Ambassadeurs à Philippe, pour examiner fur leslieux s’il s'étoit retiré, selon qu’il l'avoit promis à Cœcilius, des villesde la Perrhébie, & pour lui ordonner d’évacuer Actium & Maronée;& de sortir en un mot de tous les châteaux, terres & villes qu’il oc-cupoit fur la côte maritime de la Thrace. On écouta ensuite Apolloni-das, Ambassadeur que les Achéens avoient envoié pour les justifier den'avoir point donné de réponse à Cœcilius, & pour informer le Sénatde tout ce qui avoit été fait au sujet de Lacédémone, qui de son côtéavoit député à Rome Arée & Alcibiade, tous deux de ces anciens exi-lés que Philopœmen & les Achéens avoient rétablis dans leur patrie.Ces deux ingrats, malgré un bienfait si précieux & si récent, íechar-gèrent de l’odieufe commission d’accufer ceux qui les avoient sauvéscontre toute espérance, & qui leur avoient procuré le bonheur de re-voir leurs foiers. Rien n’irrita plus les Achéens que cette ingratitude.Apollonidas prouva qu’il n’étoit pas possible de régler mieux les affai-res de Lacédémone que Philopœmen & les Achéens ne les avoient ré-glées. De leur côté Arée & Alcibiade tâchèrent de faire voir au con-traire que les habitans aiant été chassés par force de Lacédémone, tou-tes les forces de la ville étoient épuisées ; que réduite à un très-petitnombre de citoiens, & ses murs abbattus, on n’y pouvoit plus vivre ensûreté ; qu’elle avoit perdu son ancienne liberté ; qu’elle n’étoit pas
P p 2 feu-