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au noble désintéressement, au bvl usage des richesses, vertus pour Pa-quiíition defquelles Péducation qu’il avoit reçue de Paul Emile son pè-re jointe à ses dispositions naturelles , lui donnoient une merveilleusefacilité. La fortune lui aida aussi k les aquérir par les occasions qifellelui prefenta de les pratiquer.
La première fut la mort d’Emilie fa mère par adoption, sœur dePaul Emile son père » & femme de son aieul par adoption, je veux di-re de Scipion surnommé le Grand. Cette Dame qui avoit partagé lafortune d’un mari íì opulent, avoit laissé en mourant k Publius toutl’appareil pompeux avec lequel elle avoit coutume deparoître en public,tous les bijoux qui composent la parure des personnes de son rang,unegrande quantité de vases dsor & d’argent destinés pour les sacrifices,un train magnifique, des chars, des équipages, un nombre considé-rable d'esclaves de Pu n & de Pautresexe, le tout proportionné k Po-pulence de la maison où elle étoit entrée. Elle ne fut pas plutôt mor-te, que Scipion abandonna toute cette riche succession k sa mère Pa-piria, qui aiant été répudiée il y avoit déja quelque tems par Paul E-mile, n’avoit pas dequoi soutenir la splendeur de fa naissance, & neparoissoit plus dans les assemblées ni les cérémonies publiques. Quanddans un sacrifice solemnel qui íè fit alors, on la vit reparaître avec lemême éclat qu’avoit paru Emilie, une fi magnifique libéralité fit beau-coup d’honncur k Scipion parmi les Dames Romaines, elles levèrentles mains au ciel, elles lui souhaitèrent toutes sortes de biens. Cettegénérosité en effet mériterait dans tout païs d’être admirée, mais ellele méritoít surtout, dans Rome, où Pon ne se dépouille pas volontiersde son bien. Ce fut par-lk que Scipion commença k s’aquérir la répu-tation d’homme généreux & libéral. Et Pon juge bien que cette répu-tation fut grande, puisque les femmes, qui naturellement ne savent nise taire ni se modérer dans ce qui leur plaît, se mêloient d’être elles-mêmes ses panégyristes.
•Scipion ne se fit pas moins admirer dans une autre occasion. Enconséquence de la succession qui lui étoit échue par la mort de sagrand-mére,il étoit obligé de paier aux deux filles de Scipion son grand pèreadoptif la moitié de leur dot qui avoit été réglée par leur père & quimontoit k cinquante talens. L’autre moitié,Emilie de son vivant Pavoitpaiée aux maris de ces deux filles. Scipion, selon les loix Romaines,pouvoit ne satisfaire à cette dette qu’en trois termes diffèrens, un anpour chaque terme, après qu’il avoit livré les meubles pendant les dixpremiers mois. Mais dans ces dix mois il fit remettre entre les mains duBanquier la somme entière. Ce terme passé, Tibérius Gracchus & Sci-pion Naíica,qui avoient épousé ces deux sœurs, vont chez le Banquier6c lui demandent s’il n'a pas reçu ordre de Scipion de leur donner de
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