3 i4 JUSTIFICAT]
Nam sicut regnum reílus prmcìpatusdicitur :
Sic àominìum pcrvcrfum tyrannie nurteti-patur.
Qui commet crime -de lese majesté ilappert clerement par la description des-susdicte des degrez de lese majesté, caril fait si grand offence que plus ne peultà la majesté royalle en la propre person-ne du Prince, qu’il soit digne de dou-ble mort premiere & seconde ,je le prou-ve , car par la premiere mort j’entensmort corporelle qui est séparation ducorps & de l’ame, qui n’ est autre choseque damnation perdurable, laquelle pa-rolle Monseigneur Sainct j han l’Evan-geliste dit.
étui vìvït non morietur me Udetur ùmorte secundo.
C’est-à-dire que toute créature humai-ne qui aura victoire finablement furconvoitise 8c ses trois filles, il n’auragarde de la mort seconde : C’est à sça-voir de perdurable damnation. La se-conde vérité est , jaf oit (a) ce que oucasdeffusdit soit tout Subject Vassal digne dedouble mort, & qu’il commette ii hor-rible mal qu’on ne le pourroit trop pu-nir : toutesfois est plus à punir qu’unsimple Subject, en ce cas un Baron qu’unsimple Chevalier, un Comte qu’un Ba-ron, 8c un Duc qu’un Comte, le cou-sin du Roy qu’un estrange, le frété duRoy qu’un cousin, le fils du Roy queL frere, voila quant à la premiere par-tie de la seconde vérité. Et quant à laseconde partie je le prouve. Car enmoult de degrez l’ obligation est grei-gneur à vouloir garder le salut du Roy& de la chose du bien publique. Dontpar ce ceux qui font le contraire sontplus à punir en montant de degréen dégré. Que ma conséquence esttres-bonne , je la prouve. C’est à sçavoirque le fils est plus obligé que le frere,8c le frere que le cousin, nn Duc qu’unComte , un Comte qu’un Baron, unBaron qu’un Chevalier, 8cc. à garder lebien, honneur du Roy, & de la chosepublicque du Royaume, car à chacunedesdictes prérogatives, dignitez, 8c Sei-gneuries correspond certain degré d’obli-gation. Et ainsi qu’ils font greigneurs,Li plus nobles greigneurs, 8c plus forte
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ON DU DUC
eiU’obligation. Et partant que plus ena, 8c de plus nobles, de plus est obligé ;comme dit est en l’auctorité de SainctGrégoire dessus allégué.
Cum crescunt dona, C ratienes deno-rum.
Item par le deuxiesme argument pren-je madicte vérité; car tant que la per-sonne est plus prochaine du Roy 8c plusnoble, s’il fait les choses dessusdictes, detant est-ce plus greigneur escandale quece n’est d’une povre personne qui estloingtaine du Roy. C’est trop greigneurescandale qu’un grand Duc, 6c puissantSeigneur parent prochain du Roy , ma-chine sa mort pour luy tollir sa Seigneu-rie, que ce ne seroit d’un povre Subjectqui n’est pastfon parent, de tant que lemachinent seroit plus prochain du Roy,8c de greigneur puissance, de tant seroitla chose plus inique, 8c de tant seroitde plus grand escandale, 8c par consé-quent seroit plus à punir. Tiercementje prouve ma vérité dessusdicte : car oùil y a plus grand péril, adonc il doitavoir greigneur remede de punition, 8calencontre qu’il y ait plus grand périlje le prouve. Car la machination desprochains parents du Roy, 8c qui fontde grand auctorité, 8c puiflance, est tropplus périlleuse que n’est la machinationdes povres gens. Et pourtant qu’elleest plus périlleuse, ils en doivent avoirplus grand punition pour obvier auxpérils qui en peuvent advenir, pour lesrefraindre des tentations de l’ennemy8c de convoitise, car quand ils se voyentfl prochains à la Couronne, advient queconvoitise sc boute en leur cueur. Pour-quoy ils se bouteront à machiner detoute leur puissance, 8c à mesptigmr (b)ladicte Couronne » ainsi n’est pas d’unpovre Subject qui n’est pas prochain pa-rent du Roy, car il n’y auroit jamaisimagination ou esperance de toucherà ladicte Couronne du Royaume au-trement. Des óccisions. La tierce vé-rité . ou cas dessusdict en ladicte pre-miere vérité. II est licite à chacun Sub-ject fans quelque mandement selon lesLoix moralle, naturelle 8c divine d'occi-re , ou de faire occire iceluy trahistredesloyal, 8c Tyran, 8c non pas tant seul-lement licite, mais honnorable, & me-
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