DE BOURGOGNE.
ritoire , mismement (a) qu;nd il est dest grand puissance que justice ne peultbonnement estre faicte par Je Souve-rain. Je prouve cesse vérité par douteraisons en i'honneur des doute Apôtres.Desquelles raisons les trois premieresfont de trois auctoritez de trois Philoso-phes moraux. Les autres trois font detrois doctrines de Saincte Théologie, &du Docteur Sainct qui dit -en la derniè-re partie du second Livre des Sentences,g ìuandò aliquis dominìum Jibi per aiiolen-tiatn furrìpit nolentibus Subditis , vel ctiamad confenfum coafíis : esr non est returfusad Superìorem per quem de tali judìcittmpoflet sien. Talis enim qui ad liber atìonemfat r u t ah m tyramum occìdit : laudem , Wframium accipit. Hic primum laudatur.Item âebet laudari per qua facìt opus di-gnum lande. Idem lieìtum pram'tum etkonorabile accipit , ct idem débet accipere.Illefacit opus tnerìtorium , quia nttllum opusest dignum, primo niji fieret meritorium.A parler briefvement, & proprementle Docteur dessusdit veut dire que ceSubject qui occist le tyran dessusdit faitœuvre de louenge, St rémunération.
La II. auctorité si est.
Scalcelbere, SacrtTheologia eximii doâlo-rìs ir> libro fuo, Policratum Lib. II. Cap.XV. fie dicìt : amico adulari non licet, fedaurem tyranní tnulcere liettum est > et nan-que fcilicet tyranno licet adulari quem licetoeddere. C’est-à-dire, il n’est licite à nul-Iy de flater son amy, mais est licite deaddomter, & endormir par de belles pa-roles les oreilles du tyran, car puis qu’ilest licite d'occire ledit tyran, il est licitede Iuy biandir (b) par belles paroles 8îsignes. La III. auctorité est de plusieursdocteurs que je mets tous ensemble, af-fin que je n’y excede le nombre de trois.C’est-à-içavoir, Ricardi de Media-Villa,-Alexanàrì de Hallis, St oistenps in fum-ma , qui conclustonem prasatam ponunt inIII. efforum. Et y adjoinct pour l’aucto-rité greigneur confirmation de St. Pierrel’Apostre qui dit ainsi. Subditi estote Ré-gi quafi pncellenti five ducìbus tanquàmab eo miffìs ad v'mdiclam malesaitcrum,laudem verb bonorum , quia jic est volun-tas Dei. Scribitur'prima Pet. II. C’est-à-dire que lavoulenté de Dieu est que tousobeyssent aux Roys, comme excellent,St Souverain Seigneur fur tous les autres
(a Mejqramente piincipaleiueut (bj Bìmiiri,
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de son Royaume. Et puis au Duc com-me commis, & envoyé de par iceluy àla vengeance, & punition des malfeic-teurs, St à la rémunération des bons,'à la vengeance des injures strictes, oumachinées au Roy à faire par ses enne-mis, & maJfaicteurs : dont ìi s enfuit queles Ducs sont obliger à venger le Roy detoutes injures qui feront ou machinéesà faire, ou au moins à faire leur pou-voir , & d’expofer à ce toute leur puis-sance toutes St quantesfoìs qu’il viendraà leur cognoistance. Aptes je viensà la IV. auctorité des trois Philoso-phes moraulx donc la premiers est.ointe forum principis pluribus lods cui-libet {nbditorum liedum est oeddere ty-rannum , c non folum lichum , imm'âlaudabìle. C’est-à-dire qu’il est liciteà un chacun des Subjects d’occire letyran , 8t non pas seulkment licite:Mais est choie hounorable , St digne delouenge. Tnllius in libro de Officiis. t.au-datìs illos qui illum C&farem imerfecerunt ,quamvìs effet ftbi familiarwm amUtts , ctquoi jura ìmperii quafi (yranmts ufurpa-verat. C’est-à-dire que le noble moralnommé Iulie dit 8t escrít en son livre,que ceux qui occirent Julius César sontà louer, St sont dignes de louënges,pource qu’iceluy Quitus César avoit usur-pé la Seigneurie de l’Empire de Rom-roe, par tyrannie, St comme tyran.La III. auctorité est deBocace qui dit enson Livre De castbus virorum ìllufirium.Lib. II. Cap. 15. contra filios tyranno-rum. Et parlant du tyran dit ainsi. Lediray-je Roy ? le diray-jc Prince? Iuygarderay-je la foy comme à Seigneur?Nenny. 11 est ennemy de la chose pu-biicque. Contre celuy puis faire armes,conjuration,mettreeípies.employer for-ce, c’est fait de courageux. C’est tres-saincte chose , St tresneceílaire. Carce n’est plus aggreable sacrifice que lesang du tyran , c’est une chose insup.portable de recevoir villennies > pourbien faire. Après je viens à la III. auc-torité des Loix civilles. Et pource queje ne fuis pas Legiste,ss me suffiss de di-re la Sentence des Loix fans les alléguer,car en toute ma vie je ne fus estant ei-tudiant en Droit Canon , St Civil quedeux ans, il y a plus de vingt ans pas-sez, pourquoy je n’en puis gueres sa-voir, Lt çe que alors j’en peuz appren-
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