Band 
Tome premier.
Seite
23
JPEG-Download
 

DE CONSTANCE. Liv. i; LZ

a même rendu compte de ses Ouvrages ,. Sc conduit son Histoire .jus-qu’au Concile de Constance. Je me contenterai donc de récapitulerici ce qui est répandu en divers endroits de ^Histoire du Concile dePise, afin de mettre le Lecteur au fait, Sc je rendrai compte dans sontemps des Lettres Sc des autres Ouvrages de Jean Hus pendant leConcile, aussi bien que de fa conduite Sc de celle du Concile à sonégard, jusqu’à son supplice. Mais pour en informer le Public avecexactitude Sc avec fidélité je nem’en rapporterai qu’aux Auteurs con-temporains, ou à ceux qui les ont suivis exactement Sc aux Oeu-vres de Jean Hus lui-même, fans m’arrêter aux témoignages de quel-ques Modernes , si ce n’est pour les relever, quand ils se seronttrompez dans des articles essentiels à l’Histoire. Jean Hus (z), ou au-trement de Huffmetz , étoit ainsi appellé d’une Ville, ou d’un Bourgconsidérable de Boheme au Midi de ce Royaume dans le Cercle dePrachin ,‘ où il naquit le 6. de Juillet 1373. C’étoit la coutume deces Siécles-là de donner aux hommes célèbres le nom du lieu de leurnaissance. C’est donc une puérilité, ou une ignorance bien mali-cieuse à un Historien (a) moderne de dire que Jean Hus prit le nom de son'village , par ce qu'il ne savoit de quel pere il étoit «s, fans doute pourinsinuer qu’il étoit bâtard (3). Je n’avois jamais ouï dire que les paï-sans ne sussent pas aussi bien d’où ilsétoient sortis que les autres hom-mes. J’aurois crû tout au contraire que n’étam pas si en état, nipar conséquent si exposez de sortir de leur pais, Sc moins sujets àmille sortes d’avantures qui rendent la naiíîance des hommes incertai-ne, il n’y avoit point de gens en qui cette sorte d’incertitude,d’igno-rance, ou d’oubli pût moins tomber que dans les gens de basse nais-sance. Je pourrois même faire une bonne liste de gens à qui on n’acaché leur naissance que parce qu’elle étoit trop haute. Mr. Varillasajoute que Jean Plus fut contraint de prendre le surnom de son Villa-ge. Si i’argument de cet Historien est concluant, il ne sera pas be-soin de sortir du Siécle dont il fait PHistoire, pour trouver une in-finité d’hommes illustres qui seront de si basse naissance, que ne lâ-chant de quels peres ils étoient sortis ils ont été contraints de prendrele surnom de leurs Villes, ou de leurs Villages. II faudra dire lamême chose de Nicolas Clemangis , l’un des plus grands hommes &des plus célèbres Ecclésiastiques de ce Siécle-là, qui n’a jamais étéconnu que fous son nom de Baptême Lc fous celui de Clemange Villa-ge de Champagne d’où étoit.son pere, qui portoit aussi lui-même lenom de Clemange.. II y a très-peu de gens qui ne fichent que le fa-meux

bâtard & trouveroit dans fa naiíîance une horoscope toute faite. La plus faine par-tie n’y trouveroit rien de significatif, beaucoup moins de décisif, & borneroit sonattention à savoir la vérité du fait. Et je me persuade qu’il y auroit un troisièmeordre de gens, ce font ceux qui attendroient de plus grandes choses d’un bâtard,que d’un autre homme, & il faut voir combien ils auroient d’autoritez & de rai-íonnemens tout prêts pour justifier leur attente. •

ï4îso

(a J Varillasl •Htjl. de l’Heres „deTVicl.p. 6$.Edit. de Hel.