Band 
Tome premier.
Seite
64
JPEG-Download
 

X4 r 4-

Op. Hus. 1J i.&fitf.

(a) Op. Hus.T. I. Fol.LXXI.

§4 HISTOIRE DU CONCILE

pas permis par le Droit Canon de prendre le parti, ou de plaider k. caule d’un homme íuipict d’hérésie. Et comme, selon la même Ju-risprudence, toutes sortes de Témoins font reçus contre un héréti-que j on ne manqua pas d’en trouver un grand nombre parmi les Ec-clésiastiques de Boheme, que ‘Jean Hus avoit irritez par ses prédica-tions. II se plaint dans une de ses Lettres qu’on inventoit tous les. jourç contre lui tant d’articles faux £í captieux, qu’à peine avoit-ilassez de'temps pour y répondre. On peut voir dans ces mêmes Let-tres le grand nombre de vexations, dont il accuse ses Juges, les in-sultes de Paletz. , de Caufis & de quelques autres Ecclésiastiques, lerefus qù’on lui fit de lui donner des Procureurs & des Avocats, lesartifices & les intrigues dont on se servoit, pour empêcher qu’il n’eûtaudience au Concile. Je donnerai ici un morceau d’une de ses Lettresparce qu’il renferme des faits curieux. Mes ennemis ont dit qu’on neme donnerait point d.'audience à moins que je .ne paye deux mille Ducats■au Miniflre de V Antéchrist. J’apprends que Michel de Causis a trou --osé moyen d'avoir Çopie d'une Lettre que j'ai écrite à Maître Jacobcl,■{fi de la réponse de ce dernier, qui sans doute ne fera pas fort douce. Lemême Michel de Causis -est venu me trouver dans la prison avec le Pa-■triarche , accompagné, de Notaires, {fi de fiémoins. Un des Commijfai--res m'ayant demandé , fous Serment , fi cette Lettre étoit de moi , je luiai répondu qu’oui (a). Malgré ceue agitation d’esprit, il ne hùssoitpas de composer divers Traitez par lesquels il se consoloit dans fa cap-tivité, comme celui du Mariage, du Decalogue, de Vamour {fi de laconnaissance de Dieu , de la pénitence, des trois ennemis de l'homme , dela ‘ Cène du Seigneur , & plusieurs autres dont il fait mention dans sesLettres & que l’on peut voir parmi ses Oeuvres. Ces Traitez étoientenvoyez à Prague par les amis que Jean Hus avoit à Constance, Scqui.les recevoient de la main de ses Gardes. Cochlée a prétendu queJean Hus compose!t ses Traitez, pour gagner ceux qui le gardoientdans íâ prison. Quand même ç’auroit été là son motif, je n’y trou-verois pas grand mal, puis que c’étoit pour les instruire dans la pie-té, mais ií paroîr, Sc par le titre de ses Traitez, Sc par les souscrip-tions de la plûpart, qu’il les écrivoit à leur réquisition. Le Traitédes dix Gommandemens est une explication du Décalogue fort cour-te, & fort simple, où il n’y a rien que tout le monde ne puisse ap-prouver. II n’y a rien non plus que de fort Orthodoxe, dans leT raité de l’ Or aison Dominicale , puis qu’il entend par 1 epain quotidien , Scle Sacrement de rEucharistie,&lepain nécessaire pour notre subsistan-ce. Voici comme il s’expritne, Donne-nous aujourd'hui notre pain quo-tidien , c’est-à-dire, toi-même, ton Verbe, le Vénérable Sacrement deton Corps , {fi k pain necefi'aire au Corps (î). 11 en est de même de ce-lui

(i) Id est te ìpfum, Verbum tuum , Veneraíile Satramintum Corporis tm , êc pa-ner» eerpiri hccejjarium. Op. Hus, T. I. Fol. XXXI. b.