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Tome premier.
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■ DE CONSTANCE. Lïv. I. 9ì

confondu Jean Hus avec Jerôme de Prague , qui en effet se retira -deConfiance 6c y fut ramené. Quoi qu’il en soit, Maìmbourg 5c Va-•rillas seroient excusables d’avoir- conté cette historiette fur la foi deCochlée , s’ils ne l’avoient pas fait dans un Siecle éclairé, où les Ma-nuscrits,-bien loin d’être ensevelis dans la poussière, font devenuspublics ou par l’impression, ou par l'ouverture des Bibliothèques,& la communication des Savans. Mais on a embrassé avidement cet-te tradition de la prétendue évasion de Jean Hus , venue après coup,pour servir d’emplâtre à la violation du Saufconduit de l’Empereur.Passons à d’autres affaires.

LXII. Les Légats de Grégoire XII. étant fur le point d’arriver,on assembla une Congrégation pour délibérer fur la manière de les•recevoir, 6c fur le Caractère qu’on devoir leur donner. Les fenti-mens étoient extrêmement partagez là-dessus. II est vrai que le Car*dinal de Cambrai s’en étoit déja expliqué asièz clairement comme ona vû ci-devant. Afin d’engager Grégoire XII. 5c Benoit XIII. à fedémettre plus volontiers dû Pontificat, il avoir été d’avis de re-cevoir leurs Légats avec tous les honneurs dûs à leur Caractère, 6cde feconnoître provisionellement l’autorité de leurs Maîtres. Sigis-mond fe trouva aussi de cé même sentiment, parce qu’il le jugeoít leplus propre à faciliter l’Union de l’Eglise. Mais Jean XXIII. 6cses Partisans raisonnèrent là-dessus d’une maniéré toute opposée. Carils prétendoient qu’on ne pouvoit, fans préjudiciel' au Droit de JeanXXIII, ni recevoir avec le Chapeau rouge le Cardinal de Grégoire,qui avoit été retranché de l’Eglise, ni donner audience au Patriarchede Constantinople son Collègue, non plus qu’aux prétendus Légatsde Benoit XIII. Ils ne croyoient pas même qu’on dût leur donnerdes Sausconduits, parce qu’il paroiíîbit assez par les réponses vagues6c ambiguës qu’ils avoient faites "aux Ambassadeurs de Sigìsmond ,qu’ils ne venóient que pour chicaner l’autorité du Concile de Pise,& celle du Concile de Constance en même temps. Ces contestationsfurent cause qu’il ne fut rien décidé là-dessus dans cette Congréga-tion, quoique la pluralité des voix allât à donner des Sausconduits àces Légats. Mais depuis , l’affaire fut terminée suivant l’avis del’Empereur 6c de Pierre d'Ailli, c’est-à-dire, en faveur des Légatsde Benoît XIII. 6c de Grégoire XII , qui furent en effet reçus au Con-cile avec le Caractère & les honneurs qu’ils demandoient.

LXI1I. On a parlé fort amplement de ces deux Antipapes dansY Histoire du Concile de Pise , mais pour donner plus de jour à celle-ciil faut retracer leur caractère. Pierre de Lune étoit d’une Maison il-lustre d’Arragon , 6c même, selon quèlques-uns, du sang Royal.J appicnds de Mr. 1 Abbe Choist, qu il avoit past'e les premieres annéesde fa vie a la guerre de Castille , ou il s'etoit fort distingué, mais queHenri de Trastamare, dont il fuivoit le parti, ayant été défait par lePrince de Galles , (st oblige d aller a Avignon demander du secours au

M 2 p a .

Congrégation*fur la récep-tion des Lé-gats des An-tipapes.

4. Janvier.

V. d. Hardi , T.IV.f.H.Voj^z ci-des-sus p. 4j. 46.

Schelstrat. AH.Z7 Gefl. Cène.Confl.p. z 17.

Z18. Dissertât.

m. p- 15 ;-

Histoire abré-gée de BenoitXIII.