118 HISTOIRE DU CONCILE
r d Hari ^re bots ordre, comme on le verra bien-tôt.' Cependant le Pape
o T.ivïp'û. ' ne negligeoit rien pour sefigager dans ses intérêts. C’est dansio. Mars.' çette vue que le lendemain jour dc Dimanche, trois semaines avantPâques (i), il lui présenta la Rose- d'Or , qu’il avoit consacrée solemnel-Jement ce même jour, selon la-coûtume des Papes. 'Sigismond re-çut ce présent avec de grands témoignages de reconnoiíîânce & derespect:. II porta la Rose par toute la Ville en cérémonie (z),& le Papede son côté, le régala magnifiquement avec tous les Princes Eccle-• e siastiques & Séculiers. Mais Sìgìsmonû ne fut pas 1 ? dupe de tous• ces honneurs & de toutes ces caresses de Jean XXIII. Comme ils’étoit rendu fort jùspect en refusant d’établir des Procureurs pour fa# Cession, l’Empereur crut qu’on ne viendroit jamais à bout de lui qu’à
v.d'iurd.*' ^orce de l’intimider. C’est pourquoi il assembla le lendemain* uneT. iv. p. çj. Congrégation publique (^) où il fut proposé de donner un Pape à l’E->
Mattel. 104 6. glilê. On peut aisément juger que cette proposition parut bien étrangeaux Partisans de Jean XXII/. C’étoit dire assez clairement qu’il n’é-toitiplus Pape, & que le Concile étoit en droit d’en élire un autre.
' Comme il avoit promis de céder, sélection pouvoit à la vérité tom-
ber sur lui en récompense d’un si grand sacrifice. Mais d’ailleurs lerefus qû’il venoit de faire de nommer des Procureurs pour exécuteríà promesse, joint aux griefs qu’oi\ avoit alléguez contre lui, don-noient lieu de craindre qu’on ne jettât les yeux fur quelque autre sion en venoit à une nouvelle élection. L’Archevêque de Mayence,qui jusqu’ici ne l’avoit soutenu que secrètement, éclata dans cetterencontre, & se levant brusquement protesta que si on n’élisoit pas- Jean XXIII. il n’en reconnoîtroit jatîiais aucun autre. Mais la cha-leur de ce Prélat ne servit qu’à aigrir les esprits contre le Pape. Cardés que le calme fut remis dans l’Assemblée, & que tout le mondeeût la liberté de parler, on renouvella contre lui les accusations quiavoient été suppfimées, il n’y avoit que quelques Semaines $ » & lesdeux jours suivans on continua à délibérer fur la même affaire en di-verses Assemblées, où il fut conclu que les Nations étoient en droit0 de faire ce qu’elles jugeroient le plus à propos pourl’Union de f Egli-
se, & pour sélection d’un autre Pape-(4).
Diverses Con- LXXXII. Depuis ces Congrégations, laméfiance entrelePapegrégations ton- A s Empereur devint plus ouverte que jamais. . Jean XXIIf quisiorTde^a» n’attendoit tien que de sinistre de la part du Concile, ne pensoit plusxxm. J qu’à s’en retirer. Mais ce dessein n’étoit pas facile à executer , & il
14. Mars. n’avoit garde de l’entreprendrc au hazard. II s’étoit répandu un bruit
qu’il
(r) Nec alio die folitos Rcmanorum Reges , ex antiquh Pontificum fcìtis, nec nijt poft ,rejam eo illis die datam Imperii sdemnia atque Diadema capere, Spond. ad an. 1444.num. 10 Trith. C brou Birf. T. II. p. 339. 3 e Bifl. du Concile de.Pise ^ Part. I. p. 32.5.
(z) Quelques -Auteurs disent que Sigismond consacra cette Rose à h Vierge dansl’Eglise Cathédrale. Nmct. p. 1046, & d’autres que dans la fuite il la porta avec lui,en Hongrie. Stumph. p. 33.