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Tome premier.
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196
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196 HISTOIR DU CONCILE

l 4 ' 5 - derent aisément le Saufconduit, & chargèrent Louis de Bavière dc16. d’Avril. cette Négotiation. II s’en alla donc , avec quelques autres Sei-gneurs, trouver Frideric à Fribourg, où il lui représenta fort vive-ment, que dans l’état déplorable où étoient ses affaires, il n’y avoit

Ger.RúD ^.139. plus de ressource pour lui que dans la clemence de l’Empereur.

140* ,, Vous voyez, lui dit-il , que la plupart de vos Alliez Sc de vos

„ Amis, non contens de vous abandonner, se font déja déclarez,, contre vous. Quelle apparence que les Suisses , cette Nation si„ belliqueuse, Sc si redoutable à votre Maison, puiísent se résou-„ dre à vous rendre l’Argow, pendant qu’ils auront les armes à la„ main, ayant fur tout, pour le retenir, un prétexte aussi spécieux que„ celui que leur a fourni la protection que vous avez donnée au Pape„ contre l’interét de l’Egliíe? Votre Pais va devenir le théâtre d’une„ Guerre que l’Empereur peut faire durer autant qu’il voudra, fans„ qu’il y mette rien du sien, parce qu’il la fait, pour ainsi dire,dans„ votre sein, Sc que tous vos Sujets Si vos Vassaux sont ses Confé-,, derez. A l’égard des troupes Etrangères que l’on vous fait eíperer,,, il n’y a rien de plus chimérique dans les conjonctures présentes.„ Car quand même les Suisses Sc les Princes, qui s’intéressent à la„ tenue du Concile Sc au retour de Jean XXIII y ne s’opposcroient„ pas à leur passage, elles arriveroient trop tard, pour vous être„ d’aucun usage. Au lieu qu’en implorant la clemence de Sigismond, ,„ vous trouverez en lui un Protecteur tout disposé à vous faire rcsti-„ tuer ce qu’on vous a enlevé. Car il n’ignore pas non plus que nous,,, combien il est dangereux de donner occasion à plusieurs Villes de,, secouer le joug de leurs Princes, pour vivre dans ^indépendance.„ Si vous voulez avoir cette déférence pour les conseils de vos amis,„ je m’ossre de vous présenter moi-même à l’Empereur , Sc je ms„ charge de tout l’événement Les Seigneurs, qui avoient été en-voyez par le Concile avec Louis de Bavière , ayant appuie cet avispar de nouvelles instances, Frideric se rendit, après avoir combattuquelque tems, 8c ils prirent ensemble des mesures, pour faire venirJean XXIII. à Fribourg. Dans cette vûe Frideric lui écrivit, ,, que„ n’y ayant aucune sûreté pour lui à Newenbourg, ni sur la route„ qu’il vouloir prendre, parce que l’Empereur y avoit des Troupes„ qui n’attendoient que l’occasion de sc saisir de sa personne, il lui„ conseilloit de revenir à Fribourg où il-seroit plus en sûreté”. JeanXXIII. ne fut pas moins combattu que Frideric l’avoit été d’abord.D’un côté il croyoit toujours avoir une armée de l’Empereur à sestrousses, mais de Vautre il ne sc fioit plus gueres à Frideric , dont ilne pouvoir pas ignorer les intrigues secrètes. Cependant comme il ai-moit mieux encore s’abandonner à fa générosité que de sc faire pren-dre de vive force, il retourna à Fribourg.

{t) Scalpendo [e inferim mvemurM. Niem, aj>, V.d, Hard. T. II. F. 401.