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DE C O N S T A N C E. Liv. IL xo 9
méraire & hérétique, parce qu’elle tendroit à rendre douteuse & in-certaine toute la Hiérarchie Ecclésiastique, outre qu’elle est contraireau sentiment de toute l’Eglise, ôc en particulier à celui de St. Au-gustin, & de St. Bernard.
Art. V. On ne sauroit prouver par r Evangile, que J. C. ait ordonnéla Messe. Cet Article est simplement qualifié faux & erroné dans lacourte Censure, mais il est déclaré hérétique,dans la Condamnationplus étendue. Les Docteurs n’alleguent point d’autres’ raisons de leurjugement, que les paroles de l’institution de l’Eucharistie, par où ilsprétendent prouver, que J. C. a célébré la Messe , & ordonné à sesDisciples de la célébrer.
Art. VI. Dieu doit obéir au Diable. Cet Article ri’est point qua-lifié hérétique. On dit seulement qu’il est faux,-qu’il sonne mal,qu’ilblesse les oreilles pieuses , & qu’il peut induire les simples à obéïr auDiable. Bernard de Luxembourg , dans son Catalogue des Hérétiques, a Bernard Ludonné cet Article de Wiclef en ces termes, qui font un sens tout dis- xemkedit. 15ferent : Dieu a donné au Diable d'obéir. Mais tous les autres Livres im-primez & manuscrits portent uniformément, Dieu doit obéir au Dia-ble j & il paroît par les termes de la Condamnation que c'elì ainsi quecet Article étoit conçû. J’avouë que je fuis surpris de ne trouverpoint cette prétendue proposition de Wiclef , dans Thomas de WaldenCarme Anglois qui a réfuté ( 3 ) pied à pied tous les Livres de son Compa-triote, sans lui laisser passer un seul mot qui put être suspect d'Héré-sie. J’y trouve même-une proposition de Wiclef bien opposée à cellequ’on lui impute. Les Diables , dit-il au rapport de Ion adversaire,ne peuvent tenter les hommes au delà de la permission , qu'ìl plaît à Dieude leur en donner. Je ne trouve point non plus cct Article dar.s uneautre réfutation de la doctrine àdWiclefqn’un autre Moine Anglois (4)écrivit en 1396. par ordre de Thomas de Cantorbérì. Ce qui pourroitfaire soupçonner, que cet Article n’étoit qu'une imputation toute pu- vre, ou quelque conséquence tirée par les cheveux. En effet Wiclefdans l'Apologie qu’il écrivit en Anglois, après le Synode Terra mo-tus, traite cet Article d’insame hérésie, & d’imputation calomnieu-se, inventée par de faux témoins (a). (a) Lrwis.
Art. Vil. Si un homme n'est pas véritablement contrit ì la Consestlon s 9&exterieure lui est inutile {st superflue. Cet Article est jugé faux , er-roné, hérétique, abominable & Diabolique, & ce jugement est ap-puié fur les paroles de St. Jaques V, 16. &de St. Matthieu VIII, 4. ScXVIII, 8 sur i’autorité de Lombard, & fur la Décrétais Omnisutriufque , qui ordonne à toute personne,de quelque sexe qu’elle soit,de se confesser. Dans la Condamnation plus étendue , on établit la
^3) A peu près dans îe tems du Concile de Confiance, car cet Ouvrage est dédiéà Martin V, qui y tut élu Pape. Waid. T. I.p. 73. co!, r. Venet. 1571.
( 4 ) Guillaume Wildford. Vid. Fajcic.Kcr,exfet.Fol.(st.
T o m. I. D d