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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. II. riz

mendiant , où la Glose dit, que Christ parle de lui dans la personne d' unesclave.

Art. XV. Pendant tout le tems qu'un Seigneur Séculier , un Prélatou un Evêque est en péché mortel , il n'eft n'est ni Seigneur^ni Eve que ^ niPrélat. La proposition est déclarée fausse, erronée,téméraire, héré-tique, & prouvée telle, par Rom. XIII. i. Pier. V. & par les exemplesde Saiil & de Salomon qui étoient des Rois, de Caïphe , des Scribes,des Pharisiens, qui étoient des Prélats,Sc de Judas qui étoit Evêque,à ce que disent les Docteurs du Concile. Wiclef , dans son Traité Att-elois, des Sujets , & des Seigneurs sc plaint qu’on a tordu ses paroles,pour le rendre odieux aux Seigneurs temporels, & déclare que cen’est point là son sentiment.

Art. XVI. II est permis aux Seigneurs Séculiers de priver de- leurspossessions & de leurs biens les Ecclésiastiques qui vivent dans Vhabitudede quelque péché’. Dans la courte Censure, on juge que cette proposi-tion favorise IHérésie , & l’avarice de Julien VHpostât, qui pour avoirun prétexte de dépouiller les Chrétiens, leur alleguoit ces paroles deleur Maître, st quelqu'un ne renonce à tout ce qu'il pojsede , il ne peutêtre mon Disciple. Mais la Condamnation plus étendue traite nette-ment cet Article d’hérétique Sc de sacrilège, parce que les biens deTEglise sont les biens de Dieu même, qui ayant voulu ériger fur laterre un Royaume dont il est le Monarque Souverain, a consacré cer-tains biens temporels, afin de les pouvoir administrer. Qu’ainsi, ilne doit pas être plus permis aux Seigneurs temporels de s’emparer desbiens de l’Eglife, fous prétexte de la mauvaise vie des Ecclésiastiques,qu’à des Païíâns d’enlever les Domaines d’une Couronne, ou d’un E-tat, fous prétexte de quelque défaut dans le Gouvernement. Ce quel’on fortifie par le jugement terrible que St. Pierre exerça en qualitéde Pasteur universel contre Ananias & Sapbira pour avoir voulu re-tenir des biens qui étoient consacrez à l’Eglife, c’est-à-dire,au Cler-gé, dans le-sens du Concile.

A r t. XVII. Le Peuple peut à son gré corriger ses Maîtres lors qu'ìlstombent dans quelque faute. Cette proposition est déclarée fausse, scan-daleuse, hérétique & séditieuse, & elle est prouvée telle par plusieursamoritez de l’Ecriture, qui font connues de tout le monde, Lc parla conduite de David envers Saiil.- Mais dans la Condamnation plusétendue il y a une exception en faveur de l’Eglife & du Peuple.C’est que l’Eglife ayant originairement & en propre les clefs duRoyaume des Cieux, lesquelles le Pape ne tient que d’elìe, l’Eglifepeut en cas d’Hérésie déposer un Pape, le dégrader Lc le livrer aubras séculier; tout de même que l’Empire peut déposer P Empereur,un Royaume,son Roi, Sc une Duché son Duc, ou le corriger d’uneautre maniéré, dans quelques fautes capitales. Sus ces deux Arti-cles, Wiclef s’étoit plaint que ses Adversaires a voient entendu abso° 'îùment, ce qu’il n’avoit dic qu’avec restriction, en distinguant ce- qui

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