Band 
Tome premier.
Seite
214
JPEG-Download
 

Î4I-Î-

ri4 HISTOIRE DU CONCILE

se faít tyranniquemenc, & injustement, d’avec ce qui se fait selon lesLoix, & il les accuse d’avoir changé Je mot Anglois dont il s’étoitservi, & qui marque un jugement juridique , ( judicium foreuse ) en unmot Latin, qui lignifie, à son gré , ou à sa fantaisie.

Art. X Vill . Les dixmes font de pures aumône s, il est permis auxParoissiens de les retrancher, à cause des péchez de leurs Prélats. Cettepropofition eít marquée de tous les caractères de réprobation, & ontâche d’établir par plusieurs passages de l’Ancien ÔC du Nouveau Tes-tament, auffi-bien que par l’autorité des Décretales & des Canonistes,que les Dixmes étant de droit divin, c’est un sacrilège de lesôteraux Ecclésiastiques, quelque faute qu’rls puiííent commettre enversDieu, ou envers les hommes. 11 y a entre autres un passage deHugues de Saint Vicier , qui établit cette différence entre les Dixmes& les autres biens Ecclésiastiques, c’est que les Dixmes appartiennentà l’Eglife par droit & par possession, au lieu que les autres biens tem-porels lui appartiennent par possession feulement.

Art. XIX. Toutes choses égales , les prières particulier es que lesPrélats ou les Religieux appliquent à une certaine personne m lui serventpas plus que les prières générales. L’Article est jugé faux & erroné, &on le réfuté par plusieurs passages de l’Ecriture, dans lesquels lesprières particulières font ordonnées. Mais on blâme fur tout cetArticle, à cause de cet inconvénient, c’est qu’il s’ensuivroit de làque la priere de St. Grégoire pour l’ame de Gratian (i), n’auroit pasplus servi à cet Empereur qu’aux autres, quoique pourtant il ait étédélivré de l’Enfer par les mérites de cette priere.

Art. XX. Celui qui donne V aumône aux Freres Mendiant est actuel-lement excommunié . Cet Article est déclaré faux & extravagant, ôcil est mis en parallèle avec l’Hérésie de Diotrephes qui ne vouloir pasrecevoir les Freres ; mais on en renvoyé la réfutation à l'article sui-vant qui en est le fondement.

Art. XXI. Quiconque se met en religion, soit parmi les Moines ren-iez, soit parmi les Moines Mendiants,se rend moins propre à T observa-tion des commandcmens de Dieu. La proposition est jugée fau fie, er-ronée, contre les bonnes mœurs & hérétique. Pour le prouver oni jan u. 1 6. p e p ert c [ u passage de St Jean , qui dit que tout ce qui est au monde estla concupiscence de la chair, celle des yeux, Vorgueuil de la vie , car,dit-on, les Moines & fur tout les Mendiants, évitent la convoitisede la chair par le vœu de chasteté, celle des yeux par le vœu de pau-vreté, Sc l’orgueuìl deila vie par le vœu d’Obédience. On n’oubliepas les autres passages de l’Ecriture qui ordonnent à tous les Chré-tiens le renoncement au monde, mais on prétend surtout que le con-Mmh.xix. scil de J. C. au jeune homme de l’Evangile, est le fondement de la

Vie

(t) Les Docteurs ont voulu dire Tr a j an ; mais c’est-là une fable de Je m k Diacre,qui a été rejeítée des Savans de toutes les Communions, elle a été rétutée entre au-tre*