MIS-
DE CONSTANCE Liv. II. ti 7
„ le C or pi de Christ , donc c'est du pain , (F par conséquent il demeure„ pain , & il est en nîême tems & du pain , & le Corps de Christ .C’est ce qu’il éclaircit par quelques exemples familiers (4), commecelui d’un particulier qui étant devenu quelque grand Seigneur, ouquelque Prélat, ne laisseroit pourtant pas d’être le même homme,mais un homme élevé à une plus haute qualité, ôc celui de Jean Bap-tiste qui, par les paroles de J. C. étant devenu Elie , ne laissoit pas dedemeurer Jean Baptiste. Ainsi comme Jean Baptiste est Elie figuré-ment, & Jean Baptiste personnellement, tout de même, le pain esten figure le Corps de Christ, mais naturellement du pain. Quant àce que disoient quelques Prêtres, ou Moines, qu’il appelle des Hé-rétiques endurcis, que s’ils croyoient que ce qu’il enfeignoit fur l'Eu-charistie fût véritable, ils ne célébreroientpoint la Melse; „ ce se-„ roi t, dit-il, un grand bien pour l’Egìife, ôc pour l’honneur de„ Dieu que de tels Apostats ne consacrassent jamais leur accident,„ parce que par là ils multiplient chaque jour leurs blasphèmes con-„ tre Dieu, ôc le font menteur, car en détruisant la matière premie-„ re qui devoir demeurer à perpétuité, ils détruisent en un instant le„ monde, que Dieu a créé, & en font un nouveau, quoi qu’il ne„ doive rien se faire de nouveau, dans le monde, si ce n’est les mira-„ clés inouïs qu’ils sc vantent faussement de faire, ôc que fans doute,.„ Dieu lui-même ne peut pas faire (y). (Lisez la marge.)
Quel inconvénient y auroit-il donc, que de tels idiots d’Héréti-ques ne célébrassent jamais, puis que n’entendant pas mêmes les pa-roles, ils ne lavent ce que c’est que le Sacrement qu’ils font, Sc qu’ilsadorent. Après avoir allégué encore une fois les paroles de l’Institu-tion qui se trouvent dans les Evangiles, ôc dans l’Epître aux Corin-thiens , ou ce que J. C. appelle son Corps est constamment appellépain, il dit, que ç’auroit été à St. Paul une grande négligence enversl’Eglise de Dieu, si sachant que ce Sacrement n’est pas du pain, ill’avoit si souvent appellé du pain , lans l’appeller jamais de son vrainom, fur tout, ne pouvant ignorer, en qualité de Prophète, qu’ils’éleveroit tant d’hérésies , fur cette matière. „ Certainement il„ faut, dit-il, être un Hérétique bien impudent, pour nier que ce,, soit du pain contre l’autorité & le témoignage exprès de J. C. 5 c„ de St. Paul. Les rats, & les autres bêtes le savent bien. O que,, si les Fidèles pouvoient voir comment l’Antéchrist, Sc ses compli-
„ ces,
du Pain. Ainfî le St. Esprit sera St .Jeròme, qui a employé le masculin, au lieu duneutre qu’il falloit employer selon l’original.
(3) II y a lotig te ms qu'on a dit fur cette matière que la présence figurée par lesélemens du pain, ôc du vin n’est pas moins réelle, ôc véritable que le seroit la pré-sence corporelle.
(4) Hxemplis grojjìs.
(5) Mundum quem Deus creavit statìm destrult quia materiam primant qmm Vouserdinavit efl'e perpetuam deftruunt , cv nihil inno-vatur in Manda prítttr hoo quod tçm-tiuntur fe facere inaudita miralilìa in qutt indubie Dtus non pottst.
Ff 2.