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HISTOIRE DU CONCILE
(a) Sallu Epit.L. IV Cap. IV./. 4^r.
£n 1411.
1 4î 5 . une Lettre de Ladìjlas Jagellon à un Baron de Boheme, nommé Hen-
ri de Ruses , où ce Monarque fait le détail de cette Victoire, en destermes qui font bien connoître le bon naturel de ce Prince : ,, Car il„ proteste à son .Ami qu’avant le Combat, il n’avoit pu s’empêcher„ de verser des larmes prévoyant le carnage qui devoit s’y faire, &„ qu’il n’étoit entré en bataille, que la larme à l’œii & touché de,, compassion de la défaite de ses ennemis, qu’il envisageoit comme,, certaine Fatetur enimse confideratione tot mortalium perìturorwaiy& srage sutura , ante prœlium lacrymas tenere non potuifié , (fi cumlacrymis , miseratione hofiium^ quos facile ftbi persuadebat vincendos inaciem descendisse (a). Les Polonois n’ayant pas su profiter d’une Vic-toire auffi complété que celle qu’ils réimportèrent alors,les Chevalierssurent en peu de tems en état de hazarder une nouvelle bataillequ’ils perdirent encore après un combat très-long & très-opiniâtredepart & d’autre. Cette défaite obligea les Chevaliers à entrer en com-position, mais comme ce fut par l’entremise de l’Evêque de Wurtz-bourg , qui étoit dans leurs intérêts,le Traité fut plus avantageux auxvaincus qu’aux victorieux. Ce fut à peu près dans le même tems queJean XXIII. envoya des Légats aux Polonois & aux Chevaliers pourengager les uns ôc les autres à observer religieusement la trêve quivenoit d’être conclue entre eux. Mais les Chevaliers ne l’observantpas mieux que les précédentes & continuant toujours leurs hostilitez,fe firent battre encore une fois deux ans après. Sigismond avoít tou-jours été dans leurs intérêts lors qu’il n’étoit que Roi de Hongrie;mais il ne fut pas plutôt Empereur qu’il pense à réunir ensemble tou-tes les Puiísences Chrétiennes, afin qu’elles fussent en état de l’affistercontre les Turcs. II voulut donc auffi fe rendre Médiateur entre lesPolonois & les Chevaliers, êí il renouvella entre eux une Trêve,quifut encore bientôt rompue par les Chevaliers selon leur coutume.
LXVI. C’est ce qui obligea enfin Ladiflas & Withold , à lasollicitation de Jean XXIls d’avoir recours à l’autorité du Concile,pour réprimer l’indomtable fureur des Chevaliers ( 1 ). On a déja vul’arrivée des Ambassadeurs de Pologne (b). Mais,, soit à cause desaffaires qui survinrent par l'évasion de Jean XXIIs soit par le moyendes amis que les Chevaliers avoient jau Concile, on n’avoit pas enco-re trouvé jour à mettre cette affaire fur le tapis. On ne pût mêmefaire autre chose, la premiere fois qu’il en fut parlé, que de nommerle Cardinal Zabarelle , & deux Députez de chaque Nation pourî’examiner. 11 s’ngissoit proprement de deux queilions, l’unc deDroit, & i’autre dc Fait. La question de Droit consistoit à lavoir,s'il eft permis aux Chrétiens de convertir k s Infidelles par la voie des ar-mes , & fi les terres des Infidelles appartiennent de Droit aux Chrétiens.Les Chevaliers íbutenoient l’affirmative, mais Paul Foladimir , Doc-teur
En .1413,
Dugloft.XI./.348.34p.L.es Démêlezdes Polonois& des Cheva-liers portez auConcile.
V.d, Har. T. II./.170.181.
(b) Voyez ptashaut p. m.
(l) Comme on l’a vû dans Y Histoire da Concile de Pise, Part.II.p.ip.