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Tome premier.
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I4TJ.

DE CONSTANCE. Liv. II. 2sx

objecte que J. C. ordonne que tous en boivent, il se tire sort aisé-ment de cette objection, car il dit que J. C. ordonna à tous de boi-ve du Calice à cause de Judas, de peur que St. Pierre , £5? les autresApôtres ne se jettassent en fureur contre ce Iraître, fi J. C. l'avoit ex-clus de la Communion du Calice. II fait encore d’autres Réponses, àpeu près de même force, qu’il scroit trop long de rapporter. A Té-gard des autres passages de l’Ecriture Sainte, íl prétend prouver parplusieurs figures de l’Ancien Testament, qu’il n’y a que les Officiansqui doivent communier fous les deux Espèces, 5 c que le Peuple nedoit communier que fous celle du Pain. Par exemple Melchisédec of-frit du Pain, Sc du Vin, parce qu’il étoit Sacrificateur du Très-Haut (a). Tout de même, il est dit, que le Prophète Elie mangea (^Gtné/eXW.du pain, Lc bût de seau (b). II allègue encore d’autres passages du 18.Levitique, ôc du Deutêronôme auffi mal à propos. Les passages d u £ ) l -VI. Chapitre de l’Evangile selon St. Jean, sont selon lui de bonsargumens, pour prouver que le Peuple ne doit communier que fousl’Espéce du Pain. II se trouve pourtant accroché par le Verset p3.de ce même Chapitre que Jacobel alléguoit pour prouver la Commu-nion sous les deux Espèces. Si vous ne mangez, la Chair du Fils deY Homme, & fi vous ne beuvez son Sang, vous n' aurez point la vie 5 cc.

Mais il se tire de cette objection par deux Réponses. La premiere,que ces Paroles de J. C. étoient addressées aux Apôtres , ôc à ceuxqui officieroient après eux, Lc non pas au Peuple. La seconde, qu’ilne s’agit pas en cet endroit de la Communion de l’Eucharistie, maisde la Communion Spirituelle que l’Ame fidelle peut avoir par tout a-vec J. C. par la Foi, l’Espérance, ôc la Charité, comme l’a enten-du St. Augustin. Quant au passage de St. Paul, aux Corinthiens, oùcet Apôtre rapporte l’Institution de J. C., le Docteur dit, qu’en ef-fet St. Paul n’écrit aux Corinthiens que ce qu’il a appris du Sei-gneur, parce que le Seigneur ne donna son Corps fous les deux Es-pèces qu’aux Douze Apôtres, qu’il avoit auparavant consacrez Prê-tres, & qui étoient la figure de tous les Prêtres Officians seulement,ôc non des autres Prêtres, ni du Peuple, comme quelques-uns le disent .

Ce qu’il prétend confirmer par les 33. ôc 34. Versets de ce mêmeChapitre où St. Paul ne parle que de manger, & non de boire.

Ensuite l’Auteur répond aux pafiages tirez des Pérès, pour la né-cessité de la Communion fous les deux Espèces. A celui de St. Gré-goire dit le Grand, qui porte que le Sang est versé dans la bouche desFidèles, il dit que c’est par la Concomitance, parce que là où est leCorps de J. C. là est auffi son Sang. A l’égard de ’ celui de Fhomasd’Aquin, où ce Docteur dit,qu’il est convenable à Tissage du Sacre-ment, qu’il soit donné aux Fidèles séparément, c’est-à-dire, sousTune 6c fous l’autre Espèce à part,notre Auteur répond, que la pen-sée de St. Thomas est, qu’il convient à Tissage de ce Sacrement d’êtreoffert séparément sur T Autel, pour tous les Fidèles, ôc qu’il y a dans

Ii 4 St.