Band 
Tome premier.
Seite
256
JPEG-Download
 

M l S-

% f s HISTOIRE DU CONCILE

ment en général. II n’exclud pourtant pas du salut, ceux qui neparticipent que sous l’Espéce du Pain, parce que la faute en rejaillit,sur l’infidélité des Prêtres, qui les privent de l’Eípéce du Vin.

Sur les paroles, beuvez en tous , Broda avoit objecté que ce n’étoitpoint une obligation, ni un Commandement, parce qu’en ce cas,J. C. auroit commandé l’impossiblc à plusieurs, comme à ceux quiont une aversion invincible pour le Vin. Jacobel répond que c’est unCommandement formel, mais que ce Commandement suppose qu’iln’y ait point d’impossibilité à y obéir. Des gens, par exemple, quiseroient en prison, Sc à qui on refuseroit le Sacrement, tant sousl’une que fous l’autre Espèce, seroient entierement excusables de nepoint communier , pourvu, qu’il n’y eût pas d’ailleurs d’autresobstacles de leur part. Tout de même qu’un pauvre est dispensé dedonner saumoné, pourvu qu’il en ait l’intention & la volonté. Surce que Broda avec le commun des Docteurs de ce tems-là, préten-doit, que J. C. avoit donné le Sacrement, fous les deux Espèces, àses Disciples ; non comme à des Laïques, mais comme à des Prê-tres, Jacobel soutient que dans cette occasion J. C. faisoit la fonctionde Prêtre, & que les Disciples reprcsentoient tout le Peuple Chré-tien, jusqu’à la fin des Siécles, tout de même, dit-il, que selon St.Augustin , l’Eglise militante étoit représentée , dans la personne deSt. Pierre , lors que J. C. dit à cet Apôtre, Vous êtes Pierre 8tc. 11allègue ensuite quelques passages, où ce que J. C. dit à ses Disciplesdoit être appliqué à tous les Fidèles, & celui-ci entr’autres, ce que jevous dis , je le dis à tous. Enfin, il se sert de cet argument, pourmontrer l’absurdité du principe de son adversaire. C’est que si lesDisciples n’ont pas représenté le Peuple en recevant le Sacrementfous les deux Espèces, ils ne l’ont pas représenté non plus, pour nele recevoir,que fous l’Elpéce du Pain,d’où il s’ensuivroit que le Peu-ple ne devroit communier, ni sous l’une, ni fous l’autre Espèce, 8cque ce privilège n’appartiendroit qu’aux Prêtres (i).

Le Docteur Broda avoit dit, que si l’intention de J. C. eût étéque le Peuple communiât fous les deux Espèces, il n’eût pas man-qué d’y appeller la Vierge Marie^ les soixante & douze Disciples, 8cc.Voici la Réponse de Jacobel. „ Je n’ai pu remarquer jusqu’ici, dit-„ il, que le Docteur ait bien prouvé que la très-glorieuse Vierge,8c,„ Mère de Notre Seigneur, ne fût pas alors dans cette maison, avec„ J. C. 8c ses Disciples, 8c qu’elle n’eût pas reçû le très-Divin Sa-„ crement, fous les deux Espèces. Car, de ce que cela n’est pas dit„ formellement, il ne s’ensuit pas, que cela n’ait pas été ”. 11 veut

pour-

(t) Gfuod fi Difcipuli tune non gejferunt víctm futurs, plebis ìn fufeipiendo hoc divinif-fimum Sacramentum , f ub ulraque Specie. Tune per idem nec gejferunt vìctm Popult adfujcipienditm tantum fub prima Specie. Eo quod non datur ratio diver/itatis. Et pir con-séquent , sicut non effet fundamentale, in prima, inftitutione Evangelica Dommicn Co;-tia, quod communie plebs communicant fub ut raque Specie, fie no * ejjet fundamentale

in