DE CONSTANCE. Liv. II. z6i
niaques, entrer dans la bergerie par ailleurs que par la porte, 6t„ se rendre coupables de plusieurs péchez. Et lors qu’on donne à„ l'Assemblée de telles gens le nom d 'Eglise Romaine j je soutiens,„ qu’une telle Eglise peut pécher 6c errer , faillir tant en actions,„ qu’en paroles, en disant que le bien est mal, & que la lumière est,, ténèbres, ou que le mal est bien, 6c que les ténèbres íbnt la lu-„ miére ".
Le Chapitre XXXII. n’est pas des moins curieux,à cause de cer-taines Légendes qui y font rapportées. Broda avoir reproché à Ja-cobel , de ne recevoir que les Legendes, qui l’accommodoient, 6c derejetter celles, où il ne trouvoit pas son compte. Jacobel avoir allé-gué, pour prouver, qu’autrefois on communioit fous les deux Es-pèces, la Légende de St. Donat. Cette Légende porte, /E,que Von célébrait la Meffle^ ct? que le Diacre distribuait le Sang au Peu~pie , il survint quelque c Payens , qui jettérent le Diacre par terre , ct?brisèrent le Calice. Le Diacre , continue la Légende, en fut fort affli-gé auffi-bien que tout le Peuple , mais VEvêque Donat en ayant ramasséles morceaux , le rétablit en son entier par fa prière. Broda trouve biende la difficulté à admettre cette Légende. „ Car, dit-il, si le Ca«,, lice de St. Donat avoit été d’Or, d'Argent, de Cuivre, d’Etain,de Fer, ou de Plomb, comment se seroit-il cassé? mais s’il étoitde verre ou de terre, il n’étoit pas besoin, d’avoir recours au mi-” racle, pour le refaire, parce.qu’en ces lieux-là, on ne manquoit33 pas de vases de terre, ou d’argile. N’auroit-il pas bien mieux” valu prier, continué-t-il, que le Sang de J. C., qui avoit été ré-pandu à terre, fût conservé 6c rendu au Peuple ? Puis que celui,, qui eut le pouvoir de refaire le Calice, pouvoit auffi y remettre,, tout le Sang, fans qu’il en restât une goûte à terre. Mais, peut-„ être, vaut-il mieux dire, que le bon Dieu permit que le Calice,, fût brisé , de peur que le Peuple ne reçût ce qu’il ne devoir pas„ recevoir ”. Mais ce qui fâche le plus Broda, c’est que Jacobel aitallégué contre lui, cette Légende 6c quelques autres, 6c qu’il neveuille pas recevoir celle de S te Catherine 6c de S te Marguerite , nicroire qu’elles ayent intercédé , pour ceux qui les vénéraient (z).Jacobel répond, qu’il n’a point nié la Légende de Marguerite , 6c deCatherine , qu’il vénéré les Saints autant qu’il peut, 6c autant qu’il
Da Paradifo fipmtum.
Et sac mifirìcsrdlam,
Meam agentibus memortam.
Sìmiiïter canit Ecclefia de fianîîa Virgine Margaretha.
Aàmucronem cervix tenja,
Orat voce cum ìmmenjaPro se vtneramibtis.
Rogo iflum meum adverfarìum, ut mecum , imo cum Ecclefia , San’d'rum legendaspïè/uscìpmt. §!£od, fi non vult, me Dmatum Laïcis fidelibus sic alUgtt. Von. - 1 erHard. ub. supr. p,491.493.
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