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zo6 HISTOIRE DU CONCILE
Quant aux garants qu’ils avoient offerts,, le Patriarche réponditque quand il y en auroit mille, les Députez du Concile ne pour-roient pas les accepter en bonne conscience, s’agiífant d’un hom-me à qui on ne se pouvoit fier en aucune maniéré (i). Mais qu’ilsferoient amener 'Jean Hus à Constance le y. de Juin, qu'il auroittoute liberté de parler èc qu’on l’écouteroit avec douceur & aveccharité L’Empereur n’étoit pas présent lors que ce Mémoirefutlû, mais étant arrivé auíîì-tôt après, & en ayant été informé, il.fortifia rAífemblée dans la résolution qu’elle avoit prise de donneraudience publique à Jean Hus. Mais comme ce Prince n’avoit pas-entendu la lecture du Mémoire, les Bohémiens jugèrent à propos dele lui presenter à lui-même, le même jour dans son Palais, le sup-pliant d’interceder auprès du Concile pour l’élargiíTement de Jean.Hus , & de leur accorder un témoignage de la démarche qu’ils ve-noient de faire, afin que les ennemis du Royaume de Bohême ne leurreprochassent pas d’avoir rien fait d’irreguher. L'ancien Auteur deop.Bus. ubisup. la Vie de Jean Hus, qui rapporte ce fait,dir ì qu'il n'a pu savoir ce queV Empereur répondit , mais qu'il parut assez par la fuite , que fa probité-avoit été surprise , & qu'il s'étoit laissé persuader par les Cardinaux &par les Evêques de renoncer à son Saufconduit , par ce que selon les Dé-crétâtes un Hérétique déclaré ne pouvoit être admis à se défendre ni sous-prétexte de la foi publique , ni fous quelquè autre que ce soit. Cependantil est certain que Jean de Chlum sortit de cette Assemblée & de cetteaudience de l’Empereur si rempli d’elpérance qu’il en donna auíîì-tôtavis à Jean Hus en ces termes, Je vous apprens que de Roi s'est trou-vé aujourd'hui avec les Députez des Nations , & qu'il y a f ait refondreque vous auriez audience publique. Vos amis auront foin qu'on vous met-te dans un endroit bien aéré, afin que vous puisiez vous recueillir à votreaise. On verra dans la fuite, qu’il s’étoit trop flatté.
III. Il est certain que le Concile fit tout ce qu’il put pour éviterl’éclat d’un examen public.D’un côté la plupart des Docteurs étoientdans ce sentiment qu’on ne devoir pas donner audience publique à unHérétique, & de l’autre on craignoit qu’il n’arrivât quelque séditiondans une pareille audience. C’est pourquoi le Concile jugea à proposd’envoyer des Députez a Gotleben, pour le porter, ou à quelque ré-tractation, ou à quelque déclaration qui pût dispenser de l’entendrepubliquement. II paroît par des Lettres de Jean Hus , que ces Inter-rogatoires particuliers qui étoient assez fréquents, allarmoient ses amis& ses partisans, & qu’ils eussent souhaité, qu’il eût refusé d’y répon-dre. Ces Interrogatoires étoient même accompagnez d’un air de vio-lence
msEp.XLVU,r»i. 71 .
On députe àJean Hus pourle porter à serétracter.
F.p'st.ZtXll
roi. 47 .
(1) ln causa ejus viri cul nullo modo fides h ab en da ejfets
( 2 ) Joppa pltna florenorum.
(3) Ad quemhbet articulum dixi, ut prius de ahquo dixi : Isle est virus aâ istumst*~fur», C 5 » dixermt; Vis eum defenderet Refpondi quod non, fedsto ad determnationem.
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