DE CONSTANCE Liv. III. zn
graûon , ce n'est que du pain consacré & non le vrai Corps de Christ. * 4 r î*
Comme il n’y avoir plus rien à répliquer aux défenses de Jean Husfur cet Article, il en fallut revenir aux témoins, qui bien loin de sedédire aggravèrent encore leurs accusations par de nouvelles. II yeut entre autres un Curé de Prague (4) qui lui reprocha d’avoir traitéSt. Grégoire de boufon (f) ou de charlatan, lors qu’on lui avoir alléguéson autorité ; mais il le nia fortement & déclara qu’il avoir toûjoursregardé Grégoire, comme un très-saint Docteur de l’Eglife. Quandcette contestation fut un peu ralentie , le Cardinal de Florences’addressa à Jean Hus en ces termes : „ Vous savez que fur la dépo-„ sition de deux ou de trois témoins toute parole doit être ferme.
,, Cependant vous en voyez ici contre vous près de vint, tous gens,, de poids & dignes de foi. Les uns ont entendu les choies de vo-„ tre propre bouche, les autres les savent de bonne part, & tous„ ensemble ils appuient leurs témoignages , de raisons si solides,
,, que nous ne saurions nous dispenser d’y ajoûter foi ". Jean Husprit Dieu 8í fa propre conscience à témoin qu’il n’avoit jamais en-seigné ce qu’on avoit la hardiesse de lui imputer si faussement, Scque quand il y auroit encore un plus grand nombre de témoignages,ils ne pouvoient prévaloir contre celui de fa conscience. ,, Nous ne„ sommes pas en droit, dit là-dest'us le Cardinal , de vous juger selon„ votre conscience, mais fur la parole de tant de témoins irrepro-„ chables & dans lesquels il ne parent aucune marque de haine ou„ de passion, comme vous les en accusez. Vous dites, par exemple,
,, qu'Etienne Paletz vous est suspect: & qu’il a fait des extraits infi-,, dèles de vos Ouvrages. Mais en cela vous lui faites, à mon avis,
„ grand tort, puïsqu’il a fait ces extraits avec beaucoup de fidélité ôc„ qu’il a même conçu les Articles en termes plus doux qu’ils ne sont„ dans vos Ecrits. Vous avez auísi peu de raison de soupçonner„ d’autres excellons Personnages, comme le Chancelier de l’Univer-„ sité de Paris, dont le mérite est si distingué dans toute la Chré-„ tienté ”. Le Cardinal vouloir parler de Jean Gerson, & il paraîten effet par quelques Lettres (6) de qu’il n’étoit pas content
de ce Docteur François lequel il accuse * même d’imposture & de *°P-ttus.Fóìi.calomnie. Ce qu’il y a de certain, c’est que Jean Gerson, non plus que XX11L 2 "les autres Docteurs de l’Université de Paris, n’étoient pas favorablesaux opinions de Jean Hus. C’est ce qui paraît par le jugement fe-vere de dix-neuf Articles de íá doctrine qui leur furent communiquezpour en dire leur sentiment. Après les avoir tous condamnez en dé-tail, voici leur conclusion, qui est signée par Gerson au nom de tous
cora-
(4) II s’appelloit Jean Protitwa.
(s) Jocnlatorem quemdam
(6) O fi De us darettempus feribendi contra mcndaùa Parifiensis Cancellarti , q»ltam temerarie cy injuste^ coram t ot a multitudim non. est -veritas troximam errerjbas-Éonotare. Epìít. L.