DE CONSTANCE. Liv. III. zrz
cre, il Pavoit limité en disant qu’un tel Pape ou Prêtre consacrait &baptisoit indignement (z). Là-deslus les accutateurs & les témoins serécrièrent en affirmant que cet Article étoit ainsi conçu en proprestermes dans le Livre de Jean Hus contre Paletz. Mais Jean Hus s’of-frit de perdre la tête, si 1 A rude n’y étoit limité de la maniéré qu’ilPavoit dit. On produisit le Livre, & il se trouva qu’il avoit dit lavérité.II déclara de son propre mouvement qu’il n’avoit pu acquiescernon plus à la condamnation de P Article de sLH/qui pose, que lesDiurnes font de pures aumônes. Le Cardinal de Florence lui ayant ob-jecté là-deslus que les Dixmes étant de droit Divin, on ne peut lesappeller des aumônes, parce que l’aumône doit être faite librement& fans obligation, il répondit i. Que Paumône eit de Droit Divin,puisque les riches font obliger, à la faire fous peine de malédictionéternelle, & en second lieu, qu’au commencement les Dixmes étoientlibres, mais que par succession de teins on en avoir fait une obliga-tion (3). Un Evêque Anglois, lui ayant objecté que si tout le mon-de est obligé à exercer les œuvres de miséricorde , sous peine dedamnation, il s’ensuivroit de là que les pauvres seraient damnez,par-ce qu’ils n’ont pas le moyen de donner, il répondit qu’il avoit parlédes riches, & non des pauvres. II eût bien voulu s’expliquer là-deslus plus amplement, mais on l’en empêcha. Après cette petitedigression Scholastique il reprit fa défense,& allégua encore quelquesautres raisons qu’il avoit euës de ne pouvoir acquiescer à la condam-nation des Articles de Wiclef , mais en même tems il protesta qu’iln’en avoit soûtenu aucun avec opiniâtreté, & qu’il avoit seulementtrouvé mauvais qu’on les condamnât fans en alléguer des raisons ti-rées de l’Ecriture sainte, ajoutant que la plupart des (4) Docteurs del’Université de Prague étoient là-deslus du même sentiment,fur quoiil entra dans le détail de ce qui se passa lors de cette condamnation ences termes : ,, Quand Sbinke , dit-il , ordonna qu’on lui apportât
„ tous les Livres de Wiclef qui se trouveraient dans Prague,je lui en pré-„ sentai moi-même quelques-uns que j’avois entre les mains 6c le priai„ de me marquer les erreurs qu’il y trouverait, afin que je puslë les,, désavouer publiquement. Mais l’Archevêque fit brûler tous ces„ Livres, tant ceux qu’il avoit eus de moi, que ceux que d’autres lui„ avoient apportez, fans sc mettre en peine d’y montrer aucune er-„ reur. Cependant il n’avoit pas reçu cet ordre à'Alexandre„ mais par le moyen de l’Evêque de Sarepîa (y) il avoit seulement
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(3) J ean bíus fit cn 1411» UN Traité des Dixmes, pour prouver que ce lotit desaumônes. Voyez la protestation qu’en fait Jean Hus dans fa Défense de Wiclefsur l’ArticIe de la Trinité. Op. Hus. fol. 105.
(4) Concluftt Pragenfis XJni-verfitas , qu b d non 'vult condemnfttionem 45. Artïculo-
rum failam per Doêlores tn Presario , tanquam va flans -veram accipere , nìfi con-demnatores ipfam pro quolibet Articule de 4;. Articulis per Jacrttm ScriptHram Proba-•verint , vel per rationes probabiles. Op. Hus. p. CXl. c ‘
(;) Voyez le Dictionnaire dc Baudrand fur Sarepta.
Tom. I. R r