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*V.d.Har.IV. f asti.
318 HISTOIRE DE CONCILE
„ bien qu’i] y ait des gens, qui soutiennent que nous n’étions pas en,, droit de prendre en notre protection un Hérétique ou un homme„ suspect d’Héréíie. Nous vous conseillons donc, aussi-bien que„ Monsieur le Cardinal, de ne rien soûtenir avec opiniâtreté, 6c de,, vous soumettre en toute obéissance à l’autorité du Concile dans„ tous les Articles qui ont été produits 6c solidement prouvez con-,, tre vous. Si vous cn usez ainsi, nous ferons en forte, en consi-„ dération du Roi 6c du Royaume de Boheme, que vous puissiez,, vous retirer avec les bonnes grâces du Concile, moyennant une pé-„ nitence 6c une satisfaction supportable, sinon, le Concile saura„ bien comment il en doit user avec vous. Pour nous, bien loin de„ vous soûtenir dans vos erreurs 6c dans votre obstination, nous al-,, lumcrions plutôt le feu de nos propres mains, que de vous tolerer„ plus long-tems. Vous ferez donc bien de vous en tenir au juge-„ ment du Concile ”. Lorsque l’Empercur eut achevé de parler,Jean Hus commençoit à lui répondre en ces termes : (i)Premierement,Sire, je rends des aidions de grâces immortelles à votre Clemence , duSaufconduit qu'elle m'a donné. Mais Jean de Chlum l’ayant interrom-pu pour l’avertir de se défendre du crime d’obstination dont l'Empe-reur l’avoit taxé, il protesta qu’il n’avoit jamais eu la pensée de riensoûtenir avec opiniâtreté,6c qu’il étoit venu de son bon gré au Con-cile dans l’intention de se rétracter, dès qu’on lui apprendrait quel-que chose de meilleur que ce qu’il avoit enseigné. Après avoir ainsiparlé, il fut emmené par les Officiers de la Justice.
II y a quelques remarques à faire fur le Discours de l’Empereur.1. II se trompe visiblement quand il dit que Jean Hus avoit reçu sonSaufconduit avant que de partir de Prague. Car Jean Hus ayant étévingt jours en chemin, 6c étant arrivé à Constance le 3. de Novembre,il faut nécessairement qu’il fût parti de Prague avant l’expedition duSaufconduit, puisqu’elle ne se sit que le 18. d’Octobre,6c qu’il ne le’. reçut en effet que fur la route * à Nuremberg, où il arriva le z z. dece mois. Mais lors que l’Empereur expédia son Saufconduit,il croyoitsans doute que Jean Hus étoit encore à Prague, 6c il pouvoit encoreêtre dans cette pensée, quand il parloit ainsi à Constance, 6c n’avoirpas sû précisement le tems auquel Jean Hus s’étoit mis en chemin.Quoiqu’il en soit, il paroît par là, quel’Evêque, qui,pour excuserla violation du Saufconduit,répondit le 16 de Mai de la part du Con-cile, qu’on avoit appris par des témoins dignes de foi que Jean Husn’avoit reçu ce Saufconduit que quinze jours après fa prison, faisoitdire au Concile un mensonge bien grossier. La seconde remarque quej’ai à faire fur ce Discours de l’Empereur, c’est qu’on ne saura t co m-
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(1) Ttex Serinijfimeí Je fuis la Relation mot à mot, mais il y a apparence qu’ily a quelque choie d’omis dans ce récit, & que Jean Hus ayant achevé son dis-cours , Jean de Chlum i’avertit qu’il avoit oubiié l’Article de l’obstinatìon. trie vi-
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