DE CONSTANCE. Ltv. III. ZIA
prendre comment il a pu remercier les Cardinaux 6c les Evêques, du i4*î«'bon traitement qu’ils ont fait à Jean Hus , Payant fait arrêter contrefa parole, 6c traîner comme un íceìerat de prison en prison, 6c l’inti-midant encore comme ils fusaient dans son Audience publique par legrand nombre d’Archers dont il étoit environné. S’ii ne s’agissoit pasd’une affaire très-ferieufe, ne pouiroit-on pas croire que P Empereurfe moquoit des Cardinaux , 6c qu’en même tems il insultait à lamisère de Jean Husì La troisième remarque c’est, qu’il n’y a ici nisatyre ni insulte. L'Empereur croyait tout de bon que les Pérès duConcile faisaient beaucoup de grâce à Jean Hus de lui donner uneAudience publique, 6c que c’étoit porter Pobservation de son Sauf-conduit, plus loin qu’elle ne pouvait aller à la rigueur contre un Hé-rétique.
VII. Le lendemain Jean Hus fut rappellé pour la troisième fois Troisièmeau même lieu, 6c en présence des mêmes personnes. D’abord on wíquede^M»lui lut 2 . 6 . Articles que l’on prétendait avoir tirez de son Livre (z)de hus.
VEglise. C’étoit à peu près les mêmes qu’on lui avait lus dans fa 8. Juin.prison, 6c auxquels il avoir répondu de vive voix 6c par écrit en ces o?termes : Moi Jean Hus en espérance Prêtre de J C. quoi qu'indigne , T [ 1V pMaître aux Arts , & Bachelier en Théologie , je confesse avoir écrit un rheob. chap.Traite' de P Eglise dont un exemplaire m'a été mis entre les mains en pré- dcvui.fence de Notaires par le Patriarche de Conftantinople , l'Evêque de Cas-tes (s celui de Lebus ; Lesquels Commissaires m'ont en même tems pré-sentequelques Articles , disants qu'ils-font dans ce Traité , (J qu'ils enont été extraits, comme il s'ensuit. Cette déclaration de Jean Hus futluë dans cette Séance avec tous les Articles fur lesquels on l’avoit ouïdans la prison, hormis qu’ils étoient rangez dans un ordre un peu dif-fèrent, 6c qu’on y avoit fait quelques additions 6c quelques omissions,comme Jean Elus s’en plaint dans quelqu’une de ses Lettres. Avantque de rapporter ces Articles je dirai un mot de deux accusationsqu’on lui fit en prison, 6c aux quel ses il répondit, mais qui ne furentpoint renouvellées dans cette Audience publique. Je les ai tirées dePancien Auteur, qui a écrit fa Vie, 6c que j’ai déja allégué ailleurs.
On lui reprochait donc prémierement, d'avoir dit dr prêché, que quand op, Hus. t. 1 .ilseroit à Confiance, s'il étoit obligé à fe retraiter de bouche, il ne préten - fil.zz.íi.doit pas le faire de cœur, par ce que■ ce qu'il avoit prêché étoït la puredoïïrine de J. C. II soutient que eet Article est un tissu de mensonges,mais qu’à la vérité il avoit écrit à ceux de Prague pour les exhorterà prier Dieu pour lui, à demeurer fermes dans la doctrine doJ. C., parce qu’ils ne pouvoient ignorer, qu’il ne leur avoit ja-mais.
gesima, postquam ex Vrbe Praga diseejferat , koe est,tertìa díe mnfis Novemhris Con),tantia*» vtnìc. Op. Hus. T. I. Fsl. IV. z.
(z) Ce Traité de t Eglise fat )û publiquement à Prague en >413. Voyez- en i ex-trait dans t Histoire du Concile de Pise. Part, II, p. z 3,7. Ôi imv.