DE CONSTANCE. Liv. III.
Roi de négligence, & il ne fait intervenir que le Sénat dans toute H'5-cette affaire, non plus que Dubravius , ce qui rend fort suspect le té-moignage de Paletz , qui, pour soutenir Nason, ajouta, que le Roiayant défendu par un Edit de s’oppofer à la Bulle du Pape, avoit in-directement condamné ces trois hommes, puisqu’ils s’étoient soule-vez contre cette Bulle, & en même tems contre les ordres du RoiMais, continua Paletz , pour vous faire voir quel est à cet égard lesentiment de Jean Hus , il ne faut qu’entendre ces paroles de Ion Li-vre de VEglise. Sur quoi Paletz fe mit à lire cet endroit où Jean Hus Bus de Ecclesmavoit préconisé les trois hommes dont il s’agit. Ils avaient fans doute f oí ‘ 14î 'l& le Prophète Daniel .... comme cela efi accompli dans ces Laïques , BanielXI. 33 .qui n'ayant pas voulu consentir , mais s'étant au contraire opposez aux 34-3ï-songes de l'Antéchrist , ont exposé leurs Eêtes , & il y en eut plusieurs quise joignirent à eux,pendant que d'autres les abandonnaient étant intimidezpar les menaces de P Antéchrist. Toute l’Assemblée fut tellement sur-prise de ce que venoit de lire Palets, qu’eîle demeura quelque temsdans un profond silence. Mais Nason & Paletz profitant de l’émotionqu’ils remarquoient fur les visages, ajoûterent à ce qu’ils avoient dé-jà dit j ,, Que dans un de ses Sermons Jean Hus avoit tellement ani-,, mé le Peuple contre les Magistrats, que quantité de Bourgeois,, s’oppoferent ouvertement à la Croisade, déclarant qu’ils étoient,, prêts à souffrir la mort, comme les trois autres, ce qui cauíà une„ émeute que le Roi eut bien de la peine à appaifer Jean Hus neíè défendit, ni d’avoir fait l’éloge de ces trois hommes, ni d’avoirprêché contre les Croisades, & il ne pouvoit pas en effet s’en défen-dre, ayant fait l’un & l’autre aussi publiquement qu’il l’avoit fait.
Mais Paletz avoit d’autant plus mauvaise grâce de l’attaquer sur cetteCroisade qu’il l’avoit lui-même désapprouvée d’abord, comme JeanHus le soutient dans son Traité de l'Eglise. Après cette accusationquelques Anglois produisirent copie* d’une Lettre de PUniversitéd’Oxford, qu’ils prétendoient être supposée & que Jean Hus avoitlûe en chaire pour recommander IVìclef au Peuple. Jean Hus inter-rogé fur ce fait, avoua qu’il avoit lû publiquement cette Lettre, &ajoûta qu’elle avoit été apportée à Prague avec le Seau de i’Universi-té d’Oxford par deux Etudians qui venoient d'Angleterre. On de-manda qui étoient ces deux Etudians. II y en a un , dit Jean Hus,que mon bon ami, • montrant Paletz, connoît aujst-bìen que moi-, pourVautre je ne sai qui il étoit , mais j'ai ouï dire qu'il étoit mort en retour-nant dans fa patrie. A l’égard du premier , Paletz dit, qu’il étoitBohémien, & qu’il avoit apporté d’Angleterre un petit morceau dela tombe de IVìclef, &. que les Sectateurs de Jean Hus vénéroient cemorceau de pierre comme une relique. D’où il concluoit que Jean
Hus
(z) Cetoit un Dodeur de Prague dans le parti de Jean Hus, Sc dont il parlesouvent dans ses Lettres. Voiez la XXXVII. r
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