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Tome premier.
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3p HISTOIRE DU CONCILE

z 4i5* l’Eglise de communier, avant ou après soupé, parce que le but dcJ. C. n’a pas été de rien ordonner là-dessus.

3. Quoique dans la primitive Eglise le Sacrement de VEucharistie fûtreçu par les Fidèles fous les deux Espèces , cependant pour éviter quelquespérils , on a pu tout de même, &?, à plus forte raison , introduire , & on a^etieffet , introduit cette pratique , qu'il soit pris fous les deux Espèces par lesPrêtres officiants , & fous la feule Espèce du pain par les Laïques. Cettetroisième conclusion, disent les Docteurs du Concile, eít manifestequant à íà premiere partie. A l’égard de la seconde partie, ils Pap-puient sur ce que l’Eglise ayant pû changer le tems 6í Tordre danslequel on célèbre T Eucharistie, elle a pû aussi en changer la manié-ré , en ordonnant de ne la donner au Peuple que fous l’espece dupain, à cause de certains périls 6c inconveniens qui peuvent arriverdans une grande multitude de Peuple. Surquoi ils allèguent Pautoritéà'Alexandre de Hales (i ) Scholastique du treizième Siécle,qui marquedeux de ces inconveniens, l’un, que le Sang ne lè répande, Pautre estle danger de Pincredulité, parce qu’on pourroit croire que J. C. neseroit pas tout entier fous P Espèce du pain, comme il y est. C’est ceque les Docteurs prétendent prouver par un miracle, dont le mêmeAlexandre de Hales leur est garant 6c qu’ils racontent ainsi QuelquesReligieux, ayant désiré de communier fous les deux Espèces, il ar-riva que comme le Prêtre faifoit la fraction, toute la patène se rem-plit de sang, au grand étonnement du Peuple. Mais le Prêtre ayantensuite rejoint les morceaux de PHostie,le sang s’y rejoignit aussi, ôítout fut remis dans son premier état; Ce qui rétablit tellement le cal-me dans la conscience de ces bons Religieux, qu’ils ne desirerent plusde communier fous les deux Espèces. Ces Théologiens allèguent en-core Pautorité de quelques autres Scholastiques, comme celle de Ri-chard de Middleton , Docteur Anglois du même Siécle aff Alexandre deHales, celle de Pierre de Earentaife (z) & de Eh ornas d’Aquin, & ils sou-tiennent que jamais aucun Docteur célèbre n’a osé condamner la cou-tume de communier le Peuple sous une Espèce seulement.

4. Cette Coutume aìnfi introduite par VEglise , U observée depuis très -long tems (diutiffimè) pour des causes raisonnables , doit être tenuepour une Loi, qu'il n'est permis à personne de désapprouver ou de chan-Becret. Blst. i. I er ■> à son gré , & fans autorité de l'Eglise. Cette Thèse est appuyéecap.v. sur cette maxime du Droit Canon qui porte que la Coutume '* est un

*Consuetudo. D;oit fondé sur les mœurs, & qui tient lieu de Loi, quand la Loimanque, soit que cette Coutume soit écrite, soit qu’elle soit simple-ment fondée en raison, pourvu qu’elle soit conforme à la Religion,& à la Discipline, & convenable >a u salut. A quoi les Docteurs ajou-tent que comme un particulier n’est pas en droit de donner des Loixà P Eglise , il n’est pas non plus en droit de changer une Coutumelouable, & qui doit être tenue pour une Loi.

y. Ce-

(i) II étoit Anglois & on l’appeiloit le Batteur irréfragable.