;66 HISTOIRE DU CONCILE
de Bavière y est traité de lâche qui n’ayant pas le courage d’attaquerses ennemis l’épée à la main a recours aux calomnies 6c aux injures,comme les Crocheteurs, d’ingrat, qui après avoir reçu mille bien-faits de la Maison de France, veut la diffamer par des mensongesatroces , 6c enfin de boutefeu qui depuis long-tems ne fait autremétier que de brouiller le Royaume de France par ses mauvaises in-trigues êc par ses faux raports. Fridtric cV Autriche^ qui avoit faitce raport à l’Empereur, n’est guere mieux traité que Louïs deBavière dans cette Lettre. II n'en faut croire , dit le Duc de Bourgo-gne , ni Vinventeur de la calomnie , ni celui qui en a fait le raport à vo-tre Majesté \puifque l'un est mon ennemi juré , & que Vautre , après s'êtrerebellé contre vous , n'est rentré que par force dans son devoir. On avoitauífi publié contre le Duc de Bourgogne que c’étoit par ses ordres,que quelques personnes qui alloient au Concile ou qui en revenoientavoient été arrêtées. II protesta qu’il n’a jamais eu la pensée de rienentreprendre de pareil, qu’il a même fait publier un Edit par lequelil ordonne qu’on fasse une information exacte de cet attentat, afinqu’on en puniíle sévèrement les Auteurs,& qu’il donne de bons Sauf-conduits à tous ceux qui passent dans ses Etats, soit pour aller auConcile soit pour en revenir, à moins que ce ne soient des gens ma-nifestement suspects d’avoir de mauvaises intentions. Les Lettres duDuc de Bourgogne surent portées par l’Empereur lui-même dansune Assemblée de la Nation Gallicane où étoit P Archevêque deRheims, les Evêques de St. Malo, 6c de Senlis, avec quelques au-tres Prélats. Louis de Bavière 6c Frideric cVAuftriche s’y trouvèrentauflì, 6c le premier ayant demandé d’être ouï pour fe justifier desaccusations contenues dans les Lettres du Duc de Bourgogne, l’Em-pereur rapporta que le Duc d’Austriche l’avoit averti que s’il alloit àNice, il seroit tué en Bourgogne, ou en Savoye, ou enfin à Nice,6c qu’ayant demandé au Duc d’Austriche, d’où il tenoit cette cons-piration, ce dernier répondit qu & Louis de Bavière en pourroit diredes nouvelles. Là-dessus Louis de Bavière nia formellement d’avoirjamais rien su d’un pareil dessein par aucun autre que par le Duc / ri-deric , qui le lui avoit dit, 6c qu’il n’auroit pas manqué d’en avertirle premier l’Empereur s’il en avoit eu la moindre connoissance parquelque autre voie. L’Evêque de Dole, le Recteur, ôc un autreDocteur de l’Université de Paris témoignèrent la même chose 6c di-rent, que Louis de Bavière n’avoit parlé que sur le rapport de Fridericd'Aujlriche. Ce dernier interrogé sur le fait ne soutint point à lavérité qu’il le tenoit de Louïs de Bavière , mais il dit feulement qu’ilétoit vrai que Jean XXIII. avoit fait ce complot avec le Duc deBourgogne ôc le Comte de Savoye, que lui Frideric devoit être dela partie (i), 6c que le même Pape avoit envoyé un Camerier au Duc
de
(r) Pnmljsi traHari ftcerM & qnt>d ipst J3ux Austrh tìebtbat esse anus.