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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. III. ‘ z §7

de Guienne pour l’engager dans ses intérêts, parce que le dessein duDuc de Bourgogne étoit de le faire conduire en France, & de lemettre fous la protection du Dauphin. Lorsque Frideric eut parlé,l’Empereur ajoûta à ce qu’il avoit dit auparavant, que quand Fridericlui donna ces avis le Cardinal de Viviers , le Cardinal de Cambrai &l’Archevêque de Vienne étoient préfens Sc qu’ils avoient assurél’Empereur qu’il feroit aussi en sûreté par toute la France que dans sespropres Etats, Sc que le Cardinal de Viviers étoit fi íur de la fidélitédu Comte de Savoye, qu’il s’étoit offert de se remettre prisonnier jus-qu’à ce que l’Empereur fût de retour. Surquoi l’Archevêque deVienne prit la parole, & répondit aussi pour le Duc de Bourgognequ’il n’avoit jamais ni rien dit ni rien fait au déshonneur Sc au préju-dice de l’Empereur Sc qu’il ne le feroit jamais non plus. Louis deBavière se trouvant sufisamment justifié demanda acte de cet éclair-cissement, qui ne tournoit pas fans doute à l’avantage de Fridericd'Austrìche. Que cette intrigue soit fausse, ou véritable, on nevoit pas trop bien quel étoit le dessein de ce Duc en la révélant,puisqu’elle ne pouvoit aller qu’à se confusion. C’étoit mal faire seCour à l’Empereur que de lui faire de pareils rapports, Sc ce n’étoitpas le moyen de gagner fa confiance que de lui aller confesser qu’ilavoit été capable d’un tel dessein. Mais apparemment il vouloit l’in-timider pour l’empêcher d’aller en Espagne travailler à P affaire deP Union dans l’esperance que le Concile pourroit se rompre avantqu’elle fût achevée Sc que par-là la déposition de Jean XXIII. seroitnulle, aussi-bien que la proscription de ce Duc.

XXIV. Le septième de Juin les Cardinaux de Cambrai Sc deFlorence Sc les autres Commissaires nommez pour les matières de Foi,s’étant assemblez dans le Réfectoire des Freres Mineurs, avec ungrand nombre d’Archevêques, d’Evêques, d’Abbez, de Prélats 8cde Docteurs , le Cardinal de Cambrai , qui étoit le Chef de cetteCommission , représenta que P Empereur souhaitoit que toutes lesmatières de la Foi fussent examinées, 8c même, autant qu’il se pour-roit, jugées avant son départ, afin qu’il pût être témoin 8c partici-pant d’un aussi grand avantage que celui de l’extirpation des Héré-sies. Qu’ainsi s’il y avoit quelqu’un qui eût quelque chose à propo-ser, qui concernât la Foi, il pouvoit le faire en toute liberté, pour-vu, toutefois, qu’on épargnât les personnes, 8c qu’on s’abstînt deles nommer. Là-dessus Jean Gerfon propose l’affaire de Jean Petit ,Sc après avoir fait les mêmes protestations, que dans la derniere As-semblée de la Nation Françoise, il présenta un papier où étoient lesneuf Propositions condamnées à Paris, 8c qui fut lû publiquementpar Berthold de Wìldmgen Docteur en Droit 8c Auditeur de Rote.Cette lecture étant faite,l’Evêque d 'Arras dit, qu’il lui sembloit 8c àses Collègues d’Ambassade que ce qu’on venoit de lire regardoit unecertaine prétendue Sentence prononcée à Paris par l’Evêque de cette

Ville-

iqiy;

Assemb’ée desCommissairesde la Foi tou-chant l’affairede j íean Petit,