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Tome premier.
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3 7 o HISTOIRE DU CONCILE

dispenser de faire là-dessus une petite digression historique, i. J’avoueque si j’avois été Membre du Concile, quelque persuadé que j’eusleété d’ailleurs de la nécessité du retranchement de la Coupe, j’aurois,fait tous mes efforts pour empêcher la publication d’un Decret si mal.conçu, quoiqu’il paroisse avoir été bien concgrté, ou j’aurois voulu,qu’on le conçût d’une maniéré qui donnât moins de lieu à une criti-que très-raifonnable. Car t. on ne voit pas bien clair dans ce quipeut avoir engagé le Concile à défendre de communier après soupé,,ou après avoir mangé. Cette défense suppose évidemment qu’il yavoit alors des gens qui le pratiquoient ainsi. Cependant il ne paroîtaucune trace d’une semblable pratique, ni dans les Actes du Concile,ni dans l’Histoire de ce tems-là. L’Evêque de Litomisèl n’en parla,point dans les plaintes qu’il porta contre Jacobel au Concile. II y abien plus, c’est que Jacobel dans íà Réponse aux six Conclusions desThéologiens du Concile, dit formellement, qu'ìl ejl faux qu'il se soittrouvé personne qui ait enseigné , qu’il f alloit communier après soupé , ouaprès avoir mangé , si ce n'eft en cas de nécessité , lequel cas, dit-il, les^théologiens eux-mêmes ont excepté (i). Des gens soupçonneux pour-roient croire que les Docteurs du Concile ne furent pas fâchez de seprévaloir de quelque bruit qui put courir alors, qu’il y avoit des gensqui communioient après soupé, asin de mettre en parallèle le chan-gement introduit, de communier à jeun, avec celui de ne commu-nier que fous l’Efpéce du pain, 8c d’autoriser l’un par l’autre. Eneffet il paroît par un MS. de Breslàw, écrit en ce tems-là, qu’on ac-cusoit faussement les Wiclefites ouHussites de donner la Communionau Peuple sous les deux Espèces le soir après soupé, étant yvres, &de porter le Vin ou le Sang dans les maisons, 8c fur les Autels enquelque tems que ce fût, à la réquisition du Peuple, de faire des As-semblées ou Conventicules dans des celliers & autres lieux cachez,8cde commettre dans ces lieux quantité d’abominations après la Com-munion (i ). Ce soupçon seroit d’autant plus plausible que le Decretparle d’abord de la Coutume de communier à jeun, fans doute pouramener à celle de ne communier que fous l’Efpéce du pain. Car ilétoit bien plus naturel de condamner d’abord la Communion sous les,deux Efpeces, qui étoit l’Article principal, que de commencer parla Communion aptes soupé, qui n’étoit qu’un incident dans cette as-sure. A u reste, je laisse aux Controversistes (3) le soin de faire sen-tir;

(1) Ssttod utique constat falsum, cum nullus repertus este constat hujusmodi, qui sicdogmatizastet five praâîicastet pofl Cœnam , neceffitate exclusâ, quam perse excìpiunt ditti.cwdetnnatores. Von d. Har. T. III. p. 616.

(i) Diabolus . . . excìtavit fusurrones cr ìpsus amulos •veritath qub meniaúa coram.Co'.cilio Constant, querulosa proposuerunt qualiter ÌVklefista Jeu Husstta de vefpera poft coe-:iam inebriati Saeramento Sanguinis & Corporìs Domini à- fuis communicarentur Sacerdo-t;bus, c? quod in ollis Sacramentum ChrìJH sanguinis conficerent, C i» fiasculis Jeu la•gepis bine inde per domos sets sellari* portaient quoeunque tempore,etiam noítu,populas