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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. III. ÌJ9

„ falloit pourvoir à l’extirpation de ces erreurs, & que ceux qui s’y 1415.

,, oppofoient ne pouvoient être regardez que comme des fauteurs de„ cette Héréíie On voit bien quel étoit le but de ces plaintes del’Evêque d 'Arras. Comrn'e il n’avoit pas envie que cette affaire fûtjugée au Concile, il ne pou voit souffrir que Gerfon en pressât le ju-gement avec un si grand empressement. 11 sembloit même qu’il fûtaífez bien fondé à s’en plaindre, puisque les Ambassadeurs de Franceavoient ordre de ne se point déclarer parties, Lc d’attendre,ou qu’onles attaquât, ou que la cause fût portée au Concile par quelque autrecanal. Mais il est impossible de bien juger de ces choies, quand onne voit pas les ordres secrets, que reçoivent les Ambassadeurs, Lcqu’on ignore les circonstances particulières qui peuvent à tout mo-ment donner des faces différentes à une même affaire. Ce qu’il y ade certain , c’est qu’on pouvoit bien soupçonner Gerso?i de quel-que chaleur & de quelque partialité dans cette cause. II avoir eudes démêlez avec Jean Petit , Lc dans une émotion populaire causéeà Paris par la faction du Duc de Bourgogne, non - seulement la Juvénal p .3*0,maison de Gerfon fut pillée, mais il pensa lui-même y perdre spond ad an.la vie.

XXXI. Qjjojqjje l’affaire de Jean Hus fût sur le point d’ê- On tâche d’é-tre terminée, elle ne laissoit pas de donner de l’inquiétude à l’Empe- branler Jeanreur. Les raisons des Docteurs n’avoient pas encore bien levé tous Hl4s 'ses scrupules au sujet du Saufconduit. II eût bien voulu engager JeanHus à quelque rétractation, pour n’en pas venir aux dernières extré-mitez, qui fans cela étoient inévitables, selon la Jurisprudence duConcile. C’est pour cela que Jean Hus fut fondé à diverses fois peu- rpìst.-si.pai,dant l’abfence de l’Empereur , Lc depuis son retour, c’est-à- 6-],&Ep. 32.dire, depuis le z8. de Juin. Chacun s’y prit à fa maniéré pour é-branler fa constance, mais tous aussi inutilement que par le passé.

Le Concile lui fit plusieurs Députations, auxquelles il répondit toû-jours avec la même modestie Lc la même fermeté, également éloi-gné & d’un attachement opiniâtre à une erreur connue, Lc d’unerétractation lâche de ce qu’il croyoit véritable.

Dès le 11. Juin il avoit répondu que íà dernière intention étoit, 8cde ne point reconnoître pour erronez les extraits fidèlement tirez deses Livres, & de ne point abjurer ceux qui lui avoient été imputezpar de faux témoins, parce qu’en pareil cas, l’abjuration renfermeune espèce de confession. II fut encore tenté le même jour à l’abju-ration par les Députez, entre lesquels étoient Michel de Caustis LcEtienne Paletz. C’est ce qu’on apprend par une de ses Lettres à un deses amis. Sachez.,que Paletz m'a voulu persuader que je ne devoispoint faire difficulté d'abjurer dans la vue du grand bien qui m'en re-viendroit. Mais je lui ai répondu, qu'il est moins honteux d'être con-damné & brûlé que d'abjurer. Je vous en fais juge vous-même, lui di-fois-je. Si l’on vous proposait d'abjurer des erreurs que vous ne tiendriez

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