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Tome premier.
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407
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DE CONSTANCE. Liv. III. 407

ment zélé four la Vérité , que fi d'une feule far oie je pouvois renverser les 14155

erreurs de tous les Hérétiques , il n’y a feint de péril que je n'affrontassedans cette vue. Sur la condamnation de iés Livres, il déclara qu’elleétoit injuste par deux raisons. Premierement, parce qu’il s’étoit tou-jours montré prêt à les corriger si on lui en faisoit voir les erreurs jmais que comme jusqu’alors on n’avoit pu, y en trouver aucune,onn’étoit pas en droit de les condamner. En second lieu, parce que laplupart de ses Livres étant écrits en Bohémien, ou traduits en quel-que autre Langue étrangère (1), le Concile n’avoit pu ni les lire, niles entendre, ni par conséquent les condamner légitimement. 11 avoitdéja dit la même cholè dans une de ses Lettres, ôc j’ai remarquéailleurs (a) que cette derniere objection de Jean Hus n’étoit pas soli- (a) Sap. p. 381;de. D’ailleurs cette réponse ne s’accorde guere avec ce qu’ilpdít en-core dans une autre de ses Lettres, qu’/V étuit ravi que ses ennemis eus-sent lu ses Livres , & qu'il ne doutait point qu'ils ne les euJJ'ent lu plusexaSlement que VEcriture Sainte. ®

Après que cette Sentence fut lue, il prit Dieu à témoin , de soninnocence, & le pria de pardonner à ses Juges & à ses Accusateurs.

Mais, si l’on en croit l’Auteur de fa Vie, cette priere ne servitqu’à lui attirer l’mdignation, ou les railleries des Peres, parce qu’ilsprétendoient lui avoir rendu j u si i ce (z). Comme il ne s’agiííòitplus que de proceder à fa dégradation, les Evêques (4) qui avoient éténommez pour cet office, ordonnent qu’on le vêtît des habits sacer-dotaux, & qu’on lui mît un Calice dans la main, comme s’il eût dûcélébrer la Messe. 11 dit en prenant V Aube , On revêtit notre Sei-gneur J. C. d'une robe blanche , pour se moquer de lui lors qu'ILerode lefit mener à Pilate , 6c il fit des réflexions à peu près semblables, furchacun des ornemens de la Prêtrise. Etant ainsi vêtu, les Prélatsl’cxhorterent encore une fois à fe rétracter, pour son salut & pourson honneur, mais il déclara hautement, en fe tournant vers le Peu-pie, qu’il n’avoit garde de fcandalizer & de séduire les Fidèles, parune abjuration si pleine d’hypocrisie & d’impieté, & protesta publi-quement de son innocence. Alors les Evêques l’ayantofait descendredu marchepied lui ôterent d’abord le Calice en prononçant ces paro-les, O Judas maudit , qui ayant abandonné le conseil de paix , êtesentré dans celui des Juifs , nous vous ôtons ce Calice , où est le Sangde J. C. (f) &c. Surquoi Jean Hus dit tout haut, qu’il efperoit dela miséricorde de Dieu que dès ce jour-là même il boiroit ce Calicedans son Royaume. Ensuite on lui ôta tous ses habits l’un après fau-ne, en prononçant fur chacun d’eux quelque parole de malédiction,

com-

(3I Hìs diâlls plerique Sacerdotum feniorts ac pr&fertm F.píscepi torvo vultu infpicUa-tes eum irridebant. Op. Hus. T. II. p. 346.

(4) Qfcielques Relations en marquent sept. Op.Hus.T.Lfol.íS.

(í) C’est 1 c formulaire ordinaire de la dégradation d’un Prêtre.