4 oS HISTOIRE DU CONCILE
H15- comme c’eít la coûtume en pareil cas. Mais lors qu’il fallut lui ôterles marques de la tonsure, il s’élcva une grande contestation entre lesPrélats, pour savoir, s’il falloit y employer le rasoir ou seulementles ciseaux (i). Surquoi Jean Hus se tournant vers l’Empercur,Voyez. , dit-il, ils ne fauroient même s'accorder entre eux fur la maniéréde m’insulter. Reichenthal dit qu’on le lava, afin de lui ôter les mar-ques de fa tonsure, mais qu’il se moquoit de toutes ces cérémonies.Enfin les ciseaux l’ayant emporté sur le rasoir, on lui coupa les che-veux en croix afin qu’il ne parût aucune marque de couronne. Nous
(a) Corvin. de apprenons du Droit Canon (a) que cette dégradation met le Prêtre auaitïïs. otto^' ran 8 à Laïques ôc que quoiqu’elle ne lui ôte pas le caractère qui est
'' indelebile , elle le rend pour jamais incapable d’exercer les fonótionsde la Prêtrise. Après l’avoir ainsi dégradé on mit fur fa tête une Cou-ronne ou une Mitre de papier haute d’une coudée, en forme pyrami-dale, ÛG- laquelle on avoit peint trois diables d’une figure affreuse,avec cette inscription, L'Hérésiarque , ôc dans cet état les Prélatsdévouèrent son ame à tous les Diables (r) . Cependant le Moine quil’avoit confessé quelques jours auparavant, lui avoit donné l’ab-folution, comme il dit dans quelqu’une de ses Lettres. Quoiqu’ilen soit, Jean Hus , fans sc mettre en peine de cette imprécation,recommanda son ame à Dieu, ôc dit tout haut, qu’il portoit cetteCouronne d’opprobre avec joie, pour l’amour de celui qui en avoitporté une d’épines. Dès ce même moment l’Eglise se dessaisit delui, il fut déclaré Laïque, ôc comme tel livré au bras Séculier,pourêtre conduit au supplice, par cette Sentence du Concile, Le sacréSynode de Constance déclare que Jean Hus doit être livré au bras Sécu-lier , & Ty livre en effet , attendu que F Eglise de Dieu n'a plus rien à
(b) v.i. Bardt. faire à son égard (b). Comme il ne fut mené au supplice qu’après queT.iv.f. 440. ] a Session fut achevée,nous continuerons de rapporter les affaires qui
0 y furent expédiées.
La Proposition XLVI. Apres que l’affaire de Jean Hus eut été terminée de lafe«» r pfí/V est maniéré qu’on vient de le dire, celle de Jean Petit fut mise fur le ta-condamnée. pis. Dans u& Assemblée, qui s’étoit tenue immédiatement avantv.i Har. t.iv. cette Session,on étoit convenu de condamner la Proposition généraleVoiez ci des autor ^í e chaque<particulier à faire mourir un Tyran par quelque voie,sus p. 37J. b nonobstant quelque Serment que ce soit , pourvu qu’on ne parlât pointde l’Auteur de cette Proposition, 6c qu’on ne nommât aucun de ceuxqui pouvoient y être intéressez de quelque maniéré que ce pût être.C’eít ce qui fut exécuté dans cette Session, par la Sentence qui fuit.„ Le Concile ayant appris qu’on a publié quelques Propositions er-., ronces, dans la foi & dans les mœurs, scandaleuses à plusieurs e-
„ gards,
( 1 ) Sicì d1 hae rt magnum inter eos diffidium ortum est, qmbufdam novacula eumtondere veìentibus, contra nonnullis fatis este cenjentìbus, fi forfice dumiaxat r^furu tut-bateiur, Op, Hus, T. II. fol. 346. 2.