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Tome premier.
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4io HISTOIRE DU CONCILE

1415. Un autre Historien (a) témoigne qu’en if 21. Lotus Electeur Palatinâéelara à la Diète de Wormes,que comme un bon Allemand il vou-Part.u.càp.u. qu’on ajoutât une enticre foi à ses promesses, ôc à ses Lettres mu-nies de son Sceau, parce que ceux qui n’avoient pas tenu les promes-ses qu’on avoir faites à Jean Hus , n’avoient jamais prospéré depuis cetems-là.

Mchent. Jean Hus marcha donc entre deux Officiers de l’Electeur Palatin,sens être enchaîné, ayant seulement deux Valets de Ville devant lui,6c deux derriere. Les Princes soivoient avec une escorte de 800.hommes armez (1), sons compter une si prodigieuse multitude dePeuple, qu’il fallut la faire arrêter, jusqu’à ce que l’escorte de JeanHus eut passé un certain Pont, un à un, de peur que le Pont nerompît. Lors que Jean Hus fut au Palais Épiscopal, où on l’avoicfait passer pour voir brûler ses Livres, il ne pût s’empêcher de rirede cette exécution, parce qu’il la trouvoit également injuste 6c irré-guliere, comme il l’avoit témoigné plusieurs fois. En marchant ildéclaroit au Peuple, en Allemand, que ce n’étoit point pour aucuneHérésie qu’il étoit condamné, mais par l’injustice de lès ennemis j/ qu’ils n’avoient pu le convaincre'd’aucunc erreur, quoiqu’il l’eût de-^ mandé si souvent 6c avec tant d’instance. Etant arrivé près du lieudu supplice il se mit à genoux 6c récita quelques-uns des PseaumesPenítentiaux, répétant souvent ces paroles, Seigneur Jésus , ayez, pitiéde moi ,.O Dieu, je remets mon Esprit entre vos mains. L'an-

cien Historien de se Vie nous apprend que quelques-uns du Peuple,qui l’entendoient prier avec tant de zèle, disoient tout haut 5 Ce quecet homme peut avoir fait auparavant nous /’ ignorons , mais pour le pré-sent nous l'entendons addrejser à Dieu des prières excellentes. Rei -chenthal rapporte qu’on lui demanda alors s’il vouloir avoir un Con-fesseur, sens doute pour l’fcngiger à quelque rétractation, dans l’eí-perance d’écbapper le dernier supplice. L'ancien Auteur de sa Viedit qu’il y avoir là un Prêtre à cheval avec un just’au-corps verd dou-blé de rouge,qui dit qu’il ne falloir pas lui donner un Confesseur par-ce qu’il étoit Hérétique (2). Jean Hus ayant dit qu’il vouloir bien seReichm.p.zoó. confesser, Reìchenthal , à ce qu’il raconte lui-même, appella un cer-tain Prêtre nommé Ulrich Schorand , homme en réputation de savoir6c de probité, d’ailleurs fort approuvé de l’Evêque 6c du Concile. CePrêtre étant venu dit à Jean Hus , que s’il vouloir renoncer aux er-reurs pour lesquelles on l’avoit condamné au supplice qu’il voyoittout préparé, il étoit prêt de le confesser, mais que s’il refusoit defaire cette abjuration, il n’ignoroit pas lui-même que, selon le DroitCanon, un Hérétique ne peut ni administrer ni recevoir les Sacre-mens. Jean Hus z yant entendu cette condition, répondit qu’il n’a-

voit

(1) Les Rélations varient beaucoup fur le nombre de ces gens armer, ou de cesGendarmes, mais le fait est de peu d’importance.