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DE CONSTANCE. Lrv. III. 41 r
voit pas besoin de sc confesser, parce qu’il ne se semoir coupable d’au-cun pec'né mortel. Et comme il vouloir profiter de cette occasion,pour parler au Peuple en Allemand, l’Electeur Palatin l’en empêcha,& ordonna en même tems qu’on le brûlât. Alors Jean Hus se mit àprier tout haut en ces termes: Seigneur Jésus , f endure avec humilitécette cruelle mort pour votre cause , & je vous prie de pardonner à tousmes ennemis. Pendant qu’il avoir les yeux élevez vers le Ciel, fa Cou- cronne ou fa Mitre de papier tomba de dessus fa tête, il en sourit, tmais les Soldats la lui remirent, afin, dirent-ils, qu’elle fut brûléeavec les Diables, qu’il avoit servis. Reichenthal raconte cette parti-cularité d’une maniéré moins vraisemblable. Car il dit, que lorsque le corps de Jean Hus fut achevé de brûler, ou vit cette Cou-ronne toute entiere au milieu des flammes, mais que les Soldatsl’ayant rejettée dans le feu, elle fut enfin consumée. Ayant deman-dé permission de parler à ses Gardes ôc l’ayant obtenue, il les re-mercia en Allemand du favorable traitement qu’il en avoit reçu, 6cdéclara qu’il efperoit de regner avec J. C., puisqu’il souffroit pourla cause de son Evangile. Cela fait, on l’attacha à un ais ou à un po-teau , qu’on avoit dressé exprès pour cela. Mais comme il avoit d’a-bord le visage tourné vers l’Orient, quelques-uns l’ayant trouvé mau-vais, parce qu’il étoit hérétique, on le lui tourna du côté de l’Oc-cident. L’ancien Auteur de fa Vie remarque, qu’on lui avoit at-taché le cou à cette planche avec une chaîne noire 6c sale, quiavoit servi de cremailliere. Jean Hus en sourit encore, 6c fit à cetteoccasion quelques réflexions pieuses fur l’ignominie des souffrances deJ. C. Etant ainsi attaché, on arrangea autour de lui le bois pour lebrûler, mais avant qu’on y mît le seu, l’Electeur Palatin accompa-gné du Comte d’Oppenheim Maréchal de l’Empire, s’avança pourì’exhorter encore à se rétracter, afin de sauver fa vie, dit une des Re-lations , ou pour son salut, comme porte l’autre. Mais Jean Hus dé-clara qu’il signoit avec joie de son sang, tout ce qu’il avoit écrit 6censeigné, ne l’ayant fait que pour arracher les âmes d’entre les mainsdu Démon, 6c pour les délivrer de la tyrannie du péché. Surquoil’Electeur s’étant retiré on alluma le feu, 6c Jean Hus fut bien-tôtétouffé, ayant imploré jufqu’à la fin la miíèricorde de Dieu. LesBourreaux déchirèrent ce qui restoit de son corps en mille piecesafin qu’il fût plûtôt consumé. Ayant trouvé son cœur, ils le brisè-rent de coups, rattachèrent à un pieu pointu, 6c le brûlèrent sé-parément. Ils s’étoient saisi de ses habits contre l’ordre qu’ils avoientreçu, mais l’Electeur leur ordonna de les jetter dans le feu , &
leur promit de les dédommager de cette perte. Ses cendres furent:
foigneu-
(0 Quidam Sacerdos equo insidens viridis coloris tunica induisis qiu ìntus ruira tetenuistima, tela. fubdudla erat , refpondit , indignas est ut audiatur , me ei adh.bin.lf4sest Consister', est enim hareticus.
Fff 1
'.Hus. t.n.348.