Band 
Tome premier.
Seite
414
JPEG-Download
 

r4ix-

414 HISTOIRE DU CONCILE

défense, on ne vouloir pas l’écouter (i).Maís pour faire voir que JeanHus n’a pû être condamné comme un opiniâtre, il ne faut qu’en-tendre les Docteurs fur ce qui fait l’opiniâtreté.. ■ Ecoutons là-dessus(») Johan. B re- Jean de Courtecuiffe (a) Docteur de Sorbonne fort célèbre dans le quin-Ger?T*p$ z ^ me Siecle, qui fut Evêque de Paris, 5c puis Evêque de Genevei peu de tems après le Concile. II dit, que dans quelque erreur qu'unhomme puisse être tombés il ne doit passer ni pour hérétique ni pour opi-niâtre , tors qu'il fi montre prêt à se reiraéler , après une ìnstruflion lé-gitime. Eniuite le même Docteur s’expliquant fur la nature de Pins»• traction, que l’on doit donner à un homme qui est dans Terreur, il

dit, qu'il n'y a point d'instruéìion légitime 13 suffisante , à moins qu'onne lui fa (se voir son erreur st clairement , que , selon le jugement de s per-sonnes intelligentes , il ne puisse nier que son sentiment est en effet contrai •re à la Foi Catholique. On trouvera la même doctrine enseignée plu-sieurs fois dans les Oeuvres de Jean Gerson (z) . Or selon cette défi-nition de Popiniâtreté, il est certain que Jean Hus n’a pû être con-damné comme un opiniâtre.

Jem Hus é toit L. Qjj a n t à ses hérésies, il n’est pas trop aisé de savoir pré-mens de^’E*" c ^ ement en stuoi elles consistoient. Ce ne fut point la Doctrine de lagiise Romaine Communion fous les deux Espèces qui fut le motif de sa condamna-

surl’Eucha- tion, comme on l’a prouvé ailleurs d’une maniéré incontestable, &

rislie. comme cela paroît évidemment par son examen public, on ne lui

reprocha jamais cet Article. II n’est pas moins clair, qu’il croyoítla Transsubstantiation , & la présence réelle. II le déclara plusieurs foisen termes exprès en plein Concile, 5c on fut même obligé de con-venir après bien des fubtilitez & des chicanes, qu’il étoit orthodoxefur la matière de l’Eucharistie. Outre cela, dans un Traité qu’ilcomposa en prison,touchant le Sacrement du Corps (3 du Sang de J. C .,il dit formellement qu’il avoit toujours tenu la doctrine de la Trans-substantiation , avant que d’étre Prêtre, 5c que depuis fa Prêtrise ill’avoit enseignée publiquement dans T Eglise, & dans l’Université.Suiquoì il renvoya»à son Traité du Corps de Christ , composé, à cequ’il dit lui-même en 1401. qui fut la prémiere année de íà Prédica-tion. Ce que Jean Hus enseigna de particulier sur cette matière, seréduit donc à ces trois choses. 1 . Un certain Prédicateur de Bohê-me

(t) Quia Dùttores qmnqutpnta,ut ipst dkebant, députait à Concilie, fspìus à mt re-prehenfi feerant, de f alfa Articulorum extraítione , etiamin publica Cencilii auákntia,noluerunt ullam privatam dare iriformaiionem , imo nec mecum conferre volebant, dictâ-tes , X» dtbesstare decistom Concil'û. Sfuod Concilium, dur» ìn publica aadientia aidtt-cebam , feripturam Chrifli -vil SanHorum Doâíorttm ,vd deridebat vel me mate imellige-re dicebat, es" Doëîores me ïmpertìnemer allegare. Ep. XV. Fol.áí.

(i) D.cìtur pertinaciter quis tenere aliquid , quando nen est paratus corrigi, vel muqturit cum foliìcitudine veritatem. Op. Gers. T.II p. 264. B.

(3) Creiendum efl, qiiocl tant bonus quàm malus Sacerdos, habens fidem regtam cir-ca Sac'.imsntam venerabìle , & habens intentionem fie facere , ut pracepit Christus , &dieu, s verbal» Msta, secuipdum instìtutionem Ecclefi <e, cvnficit, id est , vìrtute verbo-

rum