DU CONSTANCE, Liv. ÏIÏ. 417
„ de Dieu, mais qui l’a observée exactement pendant tout le tems„ de fa vie, n’étant coupable que de quelques pechez véniels, dont„ il n’a pas encore fait satisfaction. Ces deux hommes viennent à„ mourir, le Pape avoit donné au premier des Indulgences, pour„ l’abfoudre de la coulpe & de la peine, & n’en avoit point accordé„ au second s (4) il s’enfuivra de là cette absurdité, que le premier en„ vertu de la Bulle du Pape, ira directement à 1 a Patrie, pendant que,, l’autre ira aux peines du Purgatoire.
LIL A l’égard de ïadoration des Images, quoique JeanHus eût fait un Traité contre ce culte, il reconnoît pourtantdans ce Traité même, que Von peut fléchir les genoux, addreffer desprières , offrir des dons & allumer des cierges devant Vimage de J. C .,& devant celles de quelque Saint que ce soit , poarvû qu'on ne le flaflse paspour Vimage même , mais pour celui dont elle est Vimage (f). C’étoit laune doctrine relâchée au jugement de Luther , qui a mis ces parolesà la tête de ce Traité de Jean Hus-’, Lraité de Jean Hus contre Vado-ration des Images , quoiqu'il s'exprime là-deffus trop mollement. Mais cesentiment relâché, & par rapport aux Protestans, & par rapport auxrigides Iconolâtres , étoit le sentiment de la plus faine partie de l’E-.glise d’alors, Lc ne pouvoit être regardé par conséquent comme unehérésie dans Jean Hus. II fera bon d’écouter là-dessus Jean Gerflonqui constamment étoit un des Docteurs les plus approuvez du quin-zième Siecle. II dit (a) dans son explication du Decalogue,iVo«r n'a-dorons pas les images , mais Dieu , ou les Saints qui font représentez parelles. Dans un Sermon fur la Nativité Gerflon dit (b) encore, „ que,, si on fe met à genoux devant un Crucifix, on n’adore pas le bois,„ dont la croix est; faite, mais Dieu qui y est représenté, qu’il en est„ de même des Images des Saints. On n’adore point,dit-il, fanage,„ mais on honore les Saints & les Saintes. A P égard des simples quiadoreroient les images mêmes ils ne peuvent être excusez que par,, une ignorance invincible, ou par Pi mention de faire ce que l’Egli-„ fe fait en honorant les images ”.
II étoit bien persuadé aussi de la nécessité de la Co»/^o», puisqu’ilvoulut fe confesser qu’il fe confeíla en effet avant fa mort ; s’il 1 crefusa àd’heure même de son supplice, ce fut parce qu’on ne lui of-froit la Confession, que fous une condition qu’il croyoit ne pouvoirpas accepter en bonne conscience. Dans une Lettre qu’il écrivoit àun Prêtre de fes amis, il l’cxhorte(d) à être sobre & discret en confes-sant
(5I Gpçamvis coram imagine Chrijìì, vel alìa cujuscunque SanSlì , licite pojsmt hemi -net genua fl-ítere, orare , qfflrre, candelas ponere , ce fie faciant , non tamen in nommeimaginis , fed in nomine ìllius , cujus imago est, illa debent facere, fient ©> imago nonpropter ìmapnem , fed propter imagination , est coram homìntbus sculpta, pofita velde-pïéla. Op Hus. T. II. p. 343.
( 6 ) Caveas confabulationem mulierum, spécialités caktus este in auditions Cmfefi-Jionam , m laqueo luxuria capiaris, lip. i8.
ToM. í. fr P P
SmTadoratiendes Images»
(a) Gers x. J.M 4 S-
(b) T.IU.p.çjfc