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Tome premier.
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Voies les Let-tres X. SrXLIX.

pp. Hus.fol. 57

Op. Hus. 1.1.íi8.

4iz HISTOIRE DU CONCILE

prouver le contraire. 11 n’y avoir donc rien d’extraordinaire ni d’irré-gulier dans l’appel de stean Hus. Quant à la Lettre qu’il avoir écriteen Bohémien à ceux de Prague avant son départ^our le Concile, &qui fut lûe publiquement dans la Chapelle de Bethlehem, puis à' Constance même. Comme il iè plaint souvent qu’elle a été falsifiéepar lés ennemis, il faudroit, pour en juger, savoir quelles altérations ony avoir faites. C’cst la seconde de celles qu’il écrivit depuis la convo-cation du Concile} voici en gros ce qu’elle contenoit, s’il en faut•juger par l’imprimé de 15 - 37 , 6 t de iff 8 . 11 y exhorte ceux dePrague à persévérer dans la profession de la Vérité,& leur témoignele regret qu’il a de n’avoir pu leur prêcher la Parole de Dieu à Pra-gue, & réfuter les faux témoignages qu’on avoir rendus contre lui.11 leur donne avis qu’il part pour Constance avec un Saufconduit duRoi, fans dire, si c’est le Roi de Bohcme ou le Roi des Romains;mais il y a apparence que c’est le dernier. 11 proteste que s’il est con-damné à Constance ce fera injustement, n’ayant tenu ni enseigné au-cune fausse doctrine. II dit qu’il n’ignore pas qu’il aura à Constance,permi les Evêques, les Docteurs, les Princes du Siecle, & les Phari-siens, (par où il entend apparemment les Moines) plus d’ennemis Sccn plus grand nombre que n’en avoir J. C., mais qu’à son exemple &par son secours il est résolu à tout souffrir patiemment pour fa gloire,& que soit qu’il meure à Constance, soit qu’il retourne à Prague, ilest entierement soumis aux ordres de la Providence. Que s’il retour-ne il cfpere d’y retourner innocent, c’est-à-dire, fans avoir donnéaucune atteinte à la vérité de î’Evangile, ôc qu’il ferort plus en étatd’extirpcr la doctrine de l'Antéchrist. Cette Lettre est bien forte;dans les principes du Concile elle pouvoir même passer pour sédi-tieuse , & il n’est pas surprenant qu’on lui en ait fait un crime. Maiscomme on ne fait pas si elle a été imprimée telle que Jean Hus sa-voir écrite, ou telle qu’elle fut produite à Constance, on ne íâuroitporter aucun jugement fur cette Piece. Enfin le dernier grief qu’iljugeoit que le Concile pouvoir avoir contre lui, c’est d’avoir dit,qu’il est permis aux Princes Séculiers de s’emparcr des biens des Ec-clésiastiques. II est vrai qu’il avoir fait un Traité là dessus à l’occasionde cette Proposition de Wiclef , Que les Seigneurs Temporels peuvent àleur gré ôter les biens temporels aux Eccléfiaftìques^qui vivent dans l'ha ->. bitude du péché. Mais il faut bien remarquer que des le commence-ment de ce Traité, il déclare que son intention n’est pas que lesPrinces Séculiers s’emparent à leur fantaisie, & par toute sorte dcvoies des biens de l’Egîife, ni qu’ils en fassent tel usage qu’il leurplaît. Après cette Protestation, on ne trouve rien dans tout ce Trai-té, qui n'ait été avancé par l’Eglife Gallicane, 6 c ailleurs pour sou-tenir les Droits de Régale. Dans fa Lettre cinquante quatrième, ufe sert d’uti argument que l’Empereur devoir trouver fans répliqué,pour prouver, que les Princes peuvent ôter les biens temporels aux