DE C O N S T A N C E. Liv IV. 441
V. L e 23. de Mai Jérôme de Prague avoit été ramené à Constan- 1415.ce, & ce jour-là même ii avoit subi pour la premiere fois un assez Nom ' eI ' xa :rude examen,dans lequel il fit paraître beaucoup d’intrepidité. Nous
l’avons laissé dans une dure prison, où il tomba dangereusement ma- 19. Juillet.Jade. II fut examiné de nouveau le 19. de Juillet dans l’espérance quele supplice de Jean Hus l’auroit rendu plus docile qu’il n’avoit parudans la premiere Audience. On ne sait rien de particulier touchantce second interrogatoire, si ce n’est que dans un Manuscrit de Leip-sic on trouve que Jérôme de Prague ayant été examiné sur les Ar-ticles qu’on lui objectoit, il répondit fur celui de P Eucharistie,que dans le Sacrement de l'Autel la subjlance singulière du morceau desain qui est là, est tranjsubstantiée au Corps de J. Cmais que la subs-tance universelle du pain demeure . 11 croyoit comme Jean Hus P uni-
versel à parte reì.
VI. Les Historiens de ce tems-là ne conviennent pas entre eux Sermon dedu jour que l’Empereur partit de Constance pour aller à Nice. Théo- Gerson furiedoric de Niem met ce départ au 18. de Juillet, Reichenthal Sc Da - i-^Areur Sccher au dix-neuviéme , mais Jean Dorre , qui étoit aussi au Con- furla Réforms-cile, ne le place qu’au zi. Mr. Von der Hardi a pris ce dernier tiondeî’Eglisc,parti,parce qu’il s’accorde mieux avec le Discours que Gerson pro-nonça ce jour-là à Poccasion de ce Voyage. Cependant il peut bien
être, qu’il ne fut prononcé que deux ou trois jours après le départdel’Empereur, c’est-à-dire, le Dimanche, où, suivant l’ordre duConcile, on célébra la premiere Messe solennelle, & où se fit la pre-miere Procession depuis ce départ. Quoiqu’il en soit, l’Empereur a-près avoir reçu la bénédiction des Cardinaux , qui étoient alors aunombre de quinze ou environ, & des autres Prélats, partit avec uneescorte de quatre mille chevaux, accompagné de seize Prélats ouDocteurs, selon le MS. de Dorre , quoique selon d’autres, il n’y eneût pas un si grand nombre. Quinze jours après son départ on reçutavis de son arrivée à Narbonne. Le Roi d’Arragon s’y rendit peude jours après, & assura que Pierre de Lune le suivroit dans peu parmer. Les deux Rois convinrent ensemble, que si Pierre de Lune necédoit pas comme il l’avoit promis, il lèroit mis en prison sous lagarde de Sigismond.
Le Sermon de Gerson mérite bien qu’on en donne l’abregé, parcequ’il fut comme le plan de la conduite du Concile, en P absence deSigismond. La principale vue de Gerson étoit de confirme r la SessionV, qui avoit établi la supériorité des Conciles Généraux, & la sou-mission qui leur est dûe par les Papes. Cette précaution étoit fort àpropos, tant à cause de la réunion de Grégoire XII , & de son Obé-dience, qui étoit une espèce de renouvellement du Concile, qu’afind'autoriser tout ce que l’Empereur seroit en Arragon pour obligerBenoit XIII. à céder, aussi-bien que les procédures du Concile con-tre ce Pape, au cas qu 11 refusât opiniâtrement de se soumettre, 6cT o m. I. K k k enfin